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Tournée générale de propositions artistiques dans le 12ème

C’est bien la première fois qu’on voit ça et le concept est suffisamment neuf et vivifiant pour qu’on s’y attarde. Une association, 12 bars en scène, crée l’édition 0 de son propre festival, invitant artistes de tous poils à se produire… dans des cafés du 12ème arrondissement parisien. Et la carte des propositions est très alléchante !
Les premiers pas d’un festival, c’est toujours émouvant, c’est un acte utopiste en même temps qu’une prise de risque, c’est oser s’aventurer, tendre la main au public, dans un geste généreux fort de la fraîcheur des premières fois. Qui plus est dans un contexte où la culture boit la tasse, il semble urgent d’ouvrir des brèches, de ne pas baisser les bras, de proposer, de tenter des choses qui mélangent sans complexe le vivre ensemble et la création artistique. Peu importe la taille, le budget, la portée, c’est l’intention qui compte, l’envie collective et sa réalisation, l’initiative d’un seul et de plusieurs, la capacité à se regrouper autour d’un projet commun, fédérateur de réflexion et de dialogue. Tournée Générale est une promesse, un appel, une invitation, et on compte bien y répondre positivement. Pour aller voir de quoi il retourne, tâter l’ambiance, entendre parler de sujets qui nous concernent, au coude à coude avec des inconnus au comptoir, découvrir des artistes aux univers singuliers et prolonger la soirée autour d’un verre ou plus, refaire le monde ou du moins en parler.

L’initiative revient à la journaliste Anaïs Heluin, fondatrice de l’association “12 bars en scène”, regroupement d’habitants du 12ème arrondissement et d’habitués du quartier. Ils sont artistes, journalistes, ou tout simplement passionnés de musique, de théâtre et d’arts plastiques issus de milieux professionnels différents. Ils déplorent le peu de structures culturelles dans leur quartier, d’espaces dédiés à la culture autant qu’à la fête et au dialogue et s’inquiètent de la raréfaction de lieux consacrés à la création artistique. C’est ainsi qu’ils ont décidé de mettre en commun leurs savoir-faire et compétences pour inventer de toute pièce un festival entièrement gratuit et accessible à tous, toutes générations confondues, et d’investir leurs QG de quartier, à savoir les bars du coin. Et ainsi, revaloriser l’image de leur arrondissement à l’échelle de la capitale, sortir l’art de ses carcans institutionnels et toucher autrement un public de proximité et pas seulement.

Sept établissements en tout deviennent alors, quatre jours durant (du 6 au 9 juin), la scène vivante et conviviale de propositions pluridisciplinaires. PMU du coin, resto ou brasserie, peu importe l’étiquette, pourvu qu’on ait l’ivresse. Rendez-vous donc au Satellite, au Bon Coin, à l’Annexe, au Bistrot de Juliette, au Capri’s, au Bar’Omaîtres, au Comptoir Dorée et à Espace Détente, à la rencontre de l’artiste chilien Rodrigo Ramis qui ouvre de sa poésie nomade le festival. Au menu également, Rachid Bouali, à la tête de la compagnie La Langue Pendue, qui entremêle conte et mythologie dans un souci de transmission des cultures orales, Marjory Duprés, chorégraphe et dramaturge qui oeuvre au point de rencontre entre intime et collectif via danse et écritures transmedia, Louise Emö, auteure et metteuse en scène qui imagine une fresque verbale à partir de collecte de paroles, Marie-Do Fréval qui tente de résister en secouant le monde de ses performances multiformes, Guillaume Clayssen qui, quant à lui, philosophe sur l’ivresse, tandis que l’humoriste Aude Bibas s’aventurera du côté du stand-up. Pas mal de lectures musicales sont de la partie, celle de Clara Chabalier sur Pasolini, du trio formé par le comédien Alexandre Pallu, le multi-instrumentiste Flavien Ramel et le trompettiste Guillaume Rouillard qui nous invitent à un voyage immobile en terres mexicaines, et celle de Julien Allouf, comédien, Csaba Palotaï, musicien et Marion Stoufflet, dramaturge qui entrent dans l’errance du poète turc Nâzim Hikmet. On ne les cite pas tous tant ils sont nombreux mais d’autres lectures et concerts sont annoncés, ainsi qu’un bal en clôture des festivités. N'oubliez pas de jeter un oeil à la programmation de “Conférences gesticulées”, un concept de prises de parole publique conçu par Franck Lepage, menées par des orateurs pas forcément acteurs qui viennent nous interroger sur notre place dans la société. Il n’y a pas de limites aux sujets abordés et les thématiques proposées émoustillent notre curiosité.

A noter que pendant la durée du festival, l’illustrateur Eric Kuntz, créateur de l’affiche de Tournée Générale, présente une série de toiles et dessins réalisés spécifiquement pour l’occasion.

Et pour connaître le détail de la programmation et les infos pratiques, c’est par ici >>

Par Marie Plantin

Festival Tournée Générale
Du 6 au 9 juin 2019
Dans divers bars de la rue Claude Decaen et des environs
75012 Paris