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Paroles de femmes à la Reine Blanche
Actualites Mercredi 19 avril 2017
Femmes à facettes : "Cut" au Théâtre de la Reine Blanche creuse le féminin par plusieurs trous sans prendre de pincettes mais toujours avec tact et humour.
Trois comédiennes (Stéphanie Quint, Tanya Mattouk, Aloysia Delahau) pour une metteure en scène (Christine Massa) et une auteure (Emmanuelle Marie), "Cut" est un spectacle au féminin du féminin qui accueille un comédien (Olivier Bordin) dans son giron, non pas pour un contrepoint mais pour une présence en pointillé d’une scène à une autre, une figure de l’homme qui vient donner la réplique à ce trio scénique de femmes qui se démultiplient de monologues en monologues jusqu’à créer un chœur de voix, de paroles, comme des sondes de la féminité dans ses recoins les plus cachés, en l’occurrence son sexe.

L’écriture d’Emmanuelle Marie n’a pas la puissance ni la profondeur des pièces d'Angelica Liddell certes, mais elle aborde à sa façon aux rives du féminin avec une certaine grâce, beaucoup de charme et le plaisir visible de jouer avec la musicalité de la langue - rythme, répétitions, scansion, jeu sur le son et le sens - pour faire passer des instantanés d’intimité, cocasses ou crus, alternant gravité et drôlerie dans une belle harmonie.

Quant à Christine Massa, la jeune femme est comédienne à la base et avec "Cut", s’essaie pour la première fois à la mise en scène. Le spectacle est passé par Gare au Théâtre à Vitry, écrin accueillant pour les jeunes compagnies. C’était en 2015. Sa programmation à la Reine Blanche est une reprise. Et malgré ses faiblesses, autant esthétiques (pourquoi ces costumes ?) que dramaturgiques (la structure d’ensemble est assez rudimentaire), "Cut" impose sur la longueur ses trois comédiennes rayonnantes qui s’en donnent à cœur joie, avec une fraîcheur, une sincérité et une générosité qui nous touchent vraiment, font vibrer nos cordes sensibles et la femme en nous. Et puis il y a leur capacité radieuse à faire chœur, dans une complicité palpable et communicative. Ce travail choral est la plus belle réussite du spectacle. Chacune des comédiennes existe pleinement et dans le même temps se fond dans le trio dans un jeu de relais de la parole fluide et dynamique. Les parties cabaret ou le solo dansé sont très agréables à regarder mais méritent d’être intégrés plus finement à l’ensemble qui pêche encore par une certaine naïveté et ne parvient pas à transcender la forme choisie.

Mais il y a dans la jeunesse de ce spectacle, dans les élans de folie des comédiennes, attachantes et captivantes, dans les emballements verbaux et les éclats de danse, dans les sujets abordés tout simplement, quelque chose qui nous prend, nous tient, nous émeut et nous emporte. Et l’on sort, malgré nos réserves, très ému de ce spectacle qui ne s’adresse pas qu’aux femmes et met le doigt sur quelques-uns de nos jardins secrets.

Des confidences qui méritent d’être écoutées, tout sexe confondu.

Par Marie Plantin

Cut
Du 21 mars au 22 avril 2017
Au Théâtre de la Reine Blanche
2 bis Passage Ruelle
75018 Paris
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