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Musique et partage au cœur de La Voix est libre

La 16ème édition du Festival La Voix est libre approche à grands pas et invite toujours autant à une expérience musicale décloisonnée qui vient s’acoquiner avec le spectacle vivant sous toutes ses formes.
Unique en son genre, ce festival l’est assurément mais ne s’apparente à aucun genre justement tant son souci primordial consiste à déboulonner les barrières pour voir au-delà de chaque champ disciplinaire, orchestrer des rencontres inattendues entre musique et arts vivants, pousser les murs et inventer de nouveaux espaces à apprivoiser ensemble. Si la musique est son socle, ce n’est pas là son seul credo. C’est pourquoi, on trouve dans sa vivifiante programmation aux airs de manifeste en faveur de l’interculturalité et contre toute forme de pré carré, des artistes d’origines et d’horizons divers prêts à frictionner leur univers avec d’autres.

Cette année, La Voix est libre, qui place le nomadisme au cœur de son fonctionnement, fait escale à la Maison de la Poésie, son premier gîte, avant un cap sur le sud parisien avec deux lieux culturels emblématiques, le Théâtre de la Cité Internationale et le Générateur (à Gentilly, à deux pas de Paris). Le festival se déroule sur quatre soirées. Il s’ouvre par un prologue poélitique, “Si Proches Orients”, en deux parties, qui vient mettre à l’honneur des poétesses contemporaines de Syrie, d’Egypte ou d’Iran et enchaîne avec un tandem musical qui fait de l’hybridation sa force : Serge Teyssot-Gay, à la guitare électrique et Khaled Aljaramani à l’oud accordent leurs cordes vocales en une complicité palpable. La soirée du samedi 25 mai s’intitule à juste titre “La Grande Traversée” puisqu’elle démarre dès 18h dans le Parc vaste et verdoyant du Théâtre de la Cité Internationale en compagnie de Sébastien Barrier, conteur bon vivant, Marie-Suzanne de Loye et sa viole de gambe, Hélène de Vallombreuse, voltigeuse, magicienne et charmeuse de perroquets, du compositeur et musicien éclectique Guillaume Loizillon, ainsi que de Basile Robert qui vient avec son attirail de machines sonores extravagantes. La déambulation bucolique ponctuée de surprises en musique se prolonge en une balade jonglée menée par le Collectif Protocole pour atterrir au Générateur où les festivités continuent jusqu’à l’aube avec le chanteur Nosfell, des projections mixées en direct de rituels musicaux du monde entier signées Vincent Moon et Priscilla Telmon, des prières électroniques de Blaise Merlin l’enchanteur et Guillaume Loizillon l’oiseau rare, et autres percussions rythmiques atypiques de Sylvain Lemêtre. Lundi, on se remet du week-end avec “Le Grand Ebat” où sont attendus le musicien touche-à-tout Fantazio, le cornettiste, saxhorniste et multi-vocaliste Médéric Collignon, le saxophoniste tout terrain Thomas de Pourquery, le claviériste électro Gwyn Wurst, la chanteuse Marie Nachury, le clown-punk Ludor Citrik et le rappeur Vîrus, la danseuse liane Kaori Ito en duo avec le violoniste survolté Théo Ceccaldi. Le jazz s’y taille une place de roi mais ne ramène pas la couverture à lui tant il est mixé et tiraillé de tous côtés pour jouer la carte de l’expérimentation et inviter l’électro dans ses mailles. Pour finir en beauté, André Minvielle, Albert Marcœur et Antoine Berland, musiciens, chanteurs, compositeurs, habillent les tournoiements hypnotisants du circassien Théo Touvet à la roue Cyr, Nassima et Azamat mêlent leur chant au piano d’Elie Maalouf et c’est un voyage ardent, Joce Mienniel fait danser de sa flûte envoûtante la danseuse gabonaise Kaïsha Essiane, Souad Asla, héritière de la tradition Gnawa, libère son chant de résistance au contact de la prose du journaliste soudanais en exil Moneim Rahma, Mehdi Krüger fait planer ses mots migrateurs et clandestins sur les riffs d’Ostax.

Encore une fois, c’est Blaise Merlin, le directeur du festival, qui résume le mieux la situation, et sa joie à jouer avec les mots, son et sens librement tressés, en dit long sur ses affinités électives, électriques et éclectiques, avec la poésie dans son infinité de manifestations : “|...] Une édition qui fait le plein des sens pour foncer en roue libre vers des terres insolites peuplées d’oiseaux rares, d’acrobates, de chamanes, de rites et de rythmes incarnés… Face aux critères-à-terre d’une mono-culture fade et aseptisée, nous ouvrons des espaces de liberté, de résistance et de dialogue où la relation à l’Autre, à la nature, à l’univers, au philosophique, au politique ou au sacré résiste à la musique en tant qu’objet de profit et de consommation.[...]”

La Voix est libre donne le la, allons-y gaiement !



Par Marie Plantin

La Voix est libre
Du 23 Au 28 mai 2019

A la Maison de la Poésie
75003 Paris

Au Théâtre de la Cité Internationale
75014 Paris

Au Générateur
Gentilly