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Mudith Monroevitz fait chavirer la Nouvelle Seine

Elle revient faire tanguer la Nouvelle Seine dès le 27 septembre tous les jeudi à 20h et ce serait vraiment dommage de ne pas tester l’effet qu’elle fait. Mudith Monroevitz, tornade de glamour et d’humour, va vous donner des envies de fromage, de tarama et de carpe farcie oui, mais surtout une furieuse envie de rire à gorge déployée.
Elle se présente comme la réincarnation ashkénaze de Marylin Monroe. On pourrait la taxer de prétentieuse, lui en vouloir d’oser se comparer à l’incomparable Betty Boop du cinéma hollywoodien des années 50, dire stop au narcissisme dégoulinant des comédiennes bouffées par leurs frustrations, on se planterait totalement. Judith Margolin, alias Mudith Monroevitz est effectivement la réincarnation ashkénaze de Marylin Monroe, aucun doute là-dessus, elle n’a pas tort de l’assumer et de l’affirmer haut et fort sur la scène de la Nouvelle Seine, cette salle à fond de cale de péniche, où l’on regarde les spectacles, bercé par le léger roulis de notre fleuve national.

En fait, elle est même plus que ça Mudith Monroevitz. Elle a la blondeur et les formes avantageuses de la Monroe, certes, d’ailleurs ne chipotons pas sur les mots, cette fille est une splendeur. Mais elle danse comme Beyonce, autrement dit, c’est un ouragan bien vivant et bien dans son temps. Pas besoin de ventilateur pour avoir les cheveux au vent, son déhanché suffit à l’écheveler et nous ébouriffer dans le même mouvement. Et puis apparemment l’excès de carpe farcie cuisinée par sa grand-mère ne l’a pas rendue muette pour autant, Judith, euh pardon, Mudith a la tchatche des jeunes femmes de son époque, de celles qui appellent un chat un chat ou plutôt une chatte une chatte sans prendre de gants de soie.  Avec son bagout d’amazone des temps modernes, elle nous déballe ses fiascos sentimentaux, et surtout sa soirée foireuse avec un acteur parisien drogué aux huiles essentielles, soirée épique qui se transforme en moulinage de cerveau avec assauts de souvenirs à la pelle, discussions télépathiques avec grand-mère et considérations analytiques à propos de son héritage juif. Certes Woody Allen est passé par là mais Mudith attrape le sujet à sa façon, en mixant humour, fantaisie et glamour dans un cocktail piquant à souhait et pas rasoir pour un sou.

Or on pourrait trouver les thématiques éculées, la comédienne trentenaire en mal de bons rôles, en mal de mâle surtout et en quête d’identité par-dessus le marché, mais Judith Margolin s’en tire très bien, elle dose parfaitement ses ingrédients, un savant mélange de dessus et dessous de la ceinture, de références extérieures et de réflexions personnelles, d’anecdotique et de philosophique, de légèreté et de profondeur, d’hyper réalisme et de fantastique. Comme sa consœur Blanche Gardin, elle n’hésite pas à s’aventurer en territoire de trivialité, avec au menu problèmes digestifs et partie de jambe en l’air peu convaincante, mais contrairement à Blanche qui opte pour la sobriété absolue dans le jeu, raconter mais ne pas interpréter, Judith Margolin mise sur la flamboyance et l’exubérance, mimant, minaudant, imitant, fonçant à fond dans chaque situation et qu’est-ce qu’elle a raison ! Elle joue et se joue du ridicule, elle jubile de jouer et sa joie est généreuse. On la boit sa joie, on jouit avec elle, de rire et de plaisir d’être là, à partager l’intensité de sa flamme.

Il y a, dans ce premier one woman show, déjà, des scènes d’anthologie, comme cette inénarrable danse fromagère qui est un sommet. On ne vous en dit pas plus, de toute façon, Mudith Monroevitz se savoure, rien de moins. Et elle se digère très bien !

Par Marie Plantin

Mudith Monroevitz
A partir du 27 septembre 2018
Tous les jeudi, 20h
A la Nouvelle Seine
3 quai de Montebello
75005 Paris
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