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Monumentale rétrospective Miró au Grand Palais

Focus sur l’œuvre protéiforme et foisonnante du peintre espagnol Miró dans les Galeries Nationales du Grand Palais. L’occasion de se plonger dans les multiples facettes de cet artiste surprenant, d’en suivre les mutations successives et les permanences, le chemin vers une abstraction qui ne se départit jamais d’humour et de poésie.
Ses étoiles en forme d’astérisque, ses soleils flamboyants noirs ou rouge sang, ses échelles menant au ciel, ses oiseaux rigolo, ses yeux échappés des corps, ses femmes dont il ne reste que l’idée, la ligne expressive loin de toute illustration, ses titres comme des formules secrètes et poétiques... l’œuvre de Miro est parcourue, quelle que soit la période, de motifs récurrents, de signes qui font son style et dessinent, de toile en toile, une constellation personnelle, un faisceau de formes et de couleurs qui lui sont propres et résonnent les unes les autres en un jeu d’échos fascinant et mouvant. S’il fut poreux aux recherches picturales de son époque, flirtant de loin avec le cubisme, sensible au fauvisme, nourri par le surréalisme, les pieds dans la modernité, Miró refusa toujours tout carcan esthétique, ne revendiqua aucune affiliation de genre, éternellement libre et hardi.

Chronologique, l’exposition du Grand Palais suit scrupuleusement l’aventure de la peinture selon Miró, artiste prolixe cherchant sans cesse de nouvelles approches, aux prises avec la ligne, la forme et la couleur, la matière également, comme on peut le découvrir dans les salles du bas qui présentent en parallèle sculptures et céramiques. On arpente ce parcours artistique avec étonnement, admiration et émotion, tant il y a là le dévoilement d’un homme, ses obsessions, ses enthousiasmes, son cheminement personnel et son plein épanouissement. C’est le carnet géant d’une vie qui se déploie de salle en salle. Les toiles figuratives des débuts, presque naïves, inspirées par les paysages de son pays natal, posent déjà les bases d’une personnalité artistique accomplie. Elles sont le marche-pied figuratif avant de se départir de la représentation du réel, avant de faire primer l’imaginaire, l’univers mental, la poésie des formes et des couleurs. Mais s’il privilégie le signe évocateur ou mystérieux à la transposition du réel sur la toile, Miró ne pratique quasiment jamais une abstraction pure et ses tableaux portent la trace d’un esprit facétieux, plein d’humour et de vitalité jusqu’aux dernières toiles qui poussent encore plus loin dans la provocation ludique.

Dans cette exposition foisonnante qui est un voyage, les tableaux célèbres du maître côtoient des peintures plus confidentielles et offrent de découvrir une facette moins connue de son travail, ses sculptures en bronze peint qui témoignent de la recherche tous azimuts d’un artiste curieux de se confronter physiquement et mentalement à d’autres techniques, d’autres supports, pour mieux éprouver sa vitalité créatrice et le spectre des possibles. Cette énergie centrifuge est perceptible dans chacune des toiles tout autant que dans la globalité de l’œuvre et les chromatismes récurrents du peintre ainsi que sa foi dans la vertu des signes en sont les plus vives sentinelles.

Par Marie Plantin

Miró
Du 3 octobre 2018 au 4 février 2019
Au Grand Palais
Square Jean Perrin
75008 Paris