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MC de la Corporète a fait son nid à la Galerie Maxime D

Première exposition signée MC de la Corporète, “Antéspective non-exhaustive” signe l’acte de naissance d’une artiste unique en ses genres qui “sex-pose” à corps ouvert et suspend le temps dans un présent-plaisir.
Son nom ne vous dit sûrement rien et c’est normal, MC de la Corporète n’est pas une artiste qui pèse dans le marché de l’Art. MC n’est pas une VIP, c’est une vamp flamboyante et culottée. Son œuvre ne se cantonne à aucun support particulier, quand bien même la céramique a sa prédilection, mais cette force de la nature ne se refuse rien, peinture, tricot, aphorismes et performance, il n’y a pas une discipline qui résiste à son empoignade, à sa faculté, qui est l’apanage des plus grandes, d’apprivoiser moult techniques pour les traverser de sa propre personnalité, de ses obsessions, de ce qui la constitue comme être humain unique et irréductible.

A la Galerie Maxime D qu’elle occupe actuellement de sa personne et de ses oeuvres qui sont comme l’état d’une vie en cours, inachevée, déjà riche et chargée, elle remplit l’espace vide, elle imprime sa patte, comme un animal marque son territoire, elle dépose des bouts d’elle-même, des objets fabriqués qui sont l’émanation de son geste, de son acte de vivre. L’oeuvre n’est-elle pas le prolongement tangible de l’artiste ? de son insaisissable ? MC s’interroge et nous interpelle dès le titre de son exposition, “Antéspective non-exhaustive”, manifeste en soi, qui annonce la couleur et le labeur. Fruit de six ans de travail effectué sur son lieu de vie, la Corporète, lieu hybride, mi-appartement mi-atelier, nommé ainsi par ses soins, pour le plaisir de donner un contour à cet espace rêvé - car nommer n’est-ce pas faire exister ? -, l’oeuvre qui se donne à voir à la Galerie située juste en dessous, comme une excroissance de cette Corporète perchée, un terrain d’atterrissage au ras du trottoir et des passants, pignon sur rue, a été faite maison, on ne peut mieux dire. Et les conditions de sa fabrication imprègnent les murs de la galerie, évitant ainsi l’emballage habituel de l’art contemporain bien sous tout rapports, exposé sous cloche, dans une ambiance de propreté et de perfection sans surprise. On entre ici comme en un lieu intime parcouru de fantasmes et de réflexions personnelles, incarnés dans des matériaux qui irradient leur force et leur fragilité, leur quotidienneté et leur détournement. Les bols de porcelaine exhalent leur faune sous-marine autant que leur tintement magique, des sexes d’homme gigantesques servent de presse-livres dans la bibliothèque, les soupières s’ouvrent comme des huîtres à trésors, les murs s’escaladent en talons aiguilles et la laine inonde un lit de fortune de hochets aux formes affriolantes et membrées tandis qu’une fontaine jouit de sa propre jouvence dans une floraison aquatique maculée de sang menstruel. Voici une exposition rondement généreuse et ouvertement sexuée qui s’offre à la vue et au toucher, embrasse le féminin et le masculin dans son offrande, tapisse sa carapace de nus noirs, dos, fesses et musculature saillante, suintant de peinture, de sueur et du désir qui afflue et lave le superflu.

On pense à Louise Bourgeois bien sûr, Annette Messager aussi, à Sophie Calle également, dans le corps à corps de l’artiste avec son oeuvre. Mais MC n’a rien à leur envier, elle connaît, on le sent, le travail de ses aînées mais se nourrit essentiellement à la source de sa propre existence. Et dans ce déballage faussement foutraque et véritablement maîtrisé, d’une cohérence souterraine saisissante, on palpe humour et joie de vivre assurément. Ici, demain se suspend à aujourd’hui, le dedans s’exhibe sans complexe et le mystère ne s’évapore pas pour autant, bien au contraire, il résonne entre les oeuvres, dans leurs rapprochements et les miroitements qui s’opèrent.

Les oeuvres de MC qui habitent actuellement la galerie Maxime D s’apparentent à ce que la vague aurait laissé sur le sable après s’être retirée au large. Coquillages et crustacés, traces de pas, vulves et vagins, sexes masculins sans propriétaire, paire de souliers et robe de bal sans habitant, matière organique échouée, c’est un monde enfoui qu’MC la magicienne invite en son sein et émaille de son génie.

Par Marie Plantin

MC de la Corporète
Antespective non exhaustive
Du 13 mai au 1er juin 2019
Galerie Maxime D
6 Rue des Guillemites
75004 Paris