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Obsession Marlène - Pierre Passebon collectionneur

Marlène Dietrich sous toutes ses coutures à la MEP

Depuis hier, la Maison Européenne de la Photographie consacre ses salles du premier étage à une légende du cinéma à la photogénie fascinante, la grande, la sublime, Marlène Dietrich.

C’est grâce au collectionneur Pierre Passebon, admirateur sans bornes de l’actrice, que la Maison Européenne de la Photographie expose quelques deux-cent clichés de l’icône, issus du fond personnel de cet homme vouant apparemment un culte à la beauté et au charisme de cette artiste qui avait su comme personne se construire une image de glamour intouchable tout en cultivant sa personnalité flamboyante et moderne, éprise de liberté, aux prises de positions fortes.

L’exposition comprend un grand nombre de photos prises par des photographes de renom comme Willy Rizzo, Irving Penn, Richard Avedon, Cecil Beaton, Lee Miller et bien d’autres encore, mais également des clichés d’anonyme, une Marlène presque volée, dérobée au cérémonial de la photographie de studio, mise en scène et travaillée à l’extrême. Et c’est tout bonnement fascinant de regarder, de portrait en portrait, le visage de cette femme démultiplié, toujours le même et toujours autre, se métamorphoser au grès de la lumière, de la pose, de la tenue. Comme si elle échappait à toute fixation.

Marlène en pull, en robe de soirée ou manteau de fourrure, en costume d’homme, pantalon, veste et chemise, cigarette au bec ou gracieusement tenue entre les doigts, le regard frontal ou perdu au loin, perçant ou vaporeux. Marlène en gros plan ou en pied. Marlène seule ou entourée, d’hommes le plus souvent, de sa fille parfois. Marlène, ses mains, ses jambes, sa bouche, ses yeux, ses sourcils épilés en un arc filiforme et déterminé. Marlène dans ses films, Marlène dans sa vie, Marlène dans le no man’s land du studio. Posant ou pas. Debout le plus souvent, assise aussi, rarement allongée. Marlène féminine, Marlène masculine. Marlène forever, mystérieuse et insaisissable.

Les photos sont pour la plupart dans de petits formats qui obligent le visiteur à s’approcher, à venir à proximité pour voir, plonger dans le regard insondable de la légende, ausculter un détail vestimentaire, une expression du visage, apprécier une pose. Car Marlène savait se mettre en valeur, jouer de ses charmes et de sa présence, elle maîtrisait la lumière, son alliée, l’objectif, son miroir. Car tout est là, au fond, tout advient de et par la lumière, le plus souvent artificielle, construction du photographe pour immortaliser son modèle, modeler un visage immaculé dans un halo velouté ou en sculpter la découpe en arrêtes fuselées, adoucir les traits ou les souligner, les noyer dans la surexposition ou au contraire les faire ressortir.

Et on se dit, au bout de cet impressionnant défilé de portraits, qu’un visage se compose certes de l’expression de l’être qui l’habite mais tout autant de la lumière qui vient s’y répandre, s’y mirer, s’y projeter. Une leçon de photographie autant qu’un exercice d’admiration obsessionnel.

Par Marie Plantin


Obsession Marlène
Pierre Passebon, collectionneur
Du 8 novembre au 7 janvier 2017
A la Maison Européenne de la Photographie
5/7 Rue de Fourcy
75004 Paris
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