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Les Céramiques de Marlène Mocquet se glissent au Musée de la Chasse et de la Nature

Depuis début mars et jusqu’au 4 juin, l’artiste Marlène Mocquet expose ses céramiques fourmillantes de détails au sein du Musée de la Chasse et de la Nature, sis dans un superbe hôtel particulier du Marais.
Marlène Mocquet n’a pas encore quarante ans, un visage tout droit sorti d’un conte pour enfants, le diplôme des Beaux-Arts de Paris en poche depuis 2006 et une œuvre déjà prolifique, à base de peintures et sculptures, représentée par la Galerie Laurent Godin et soutenue par la Manufacture Nationale de céramique de Sèvres.

Depuis quelques années, elle expose à tour de bras et s’attire les louanges de la presse culturelle.  Sous son minois d’elfe mutin, Marlène Mocquet impose une personnalité de feu et un travail assidu de la matière, couplé à un univers fantasmagorique habité de créatures étranges.

Fidèle à sa nouvelle ligne qui frictionne trophées de chasse, taxidermie et peintures XVIIIème avec la création contemporaine, tant dans les arts plastiques que dans le spectacle vivant et notamment la performance, le Musée de la Chasse et de la Nature accueille trois mois durant la plasticienne et, à son habitude, entremêle les œuvres de son artiste invitée avec la collection permanente du musée, en une cohabitation dynamique et enrichissante, un dialogue à travers les siècles et les esthétiques, un goût pour le contraste autant que la résonance.

C’est ainsi qu’une soixantaine de pièces viennent prendre place au 1er et 2ème étage du Musée et distiller leur imaginaire de contes pour enfants rêveurs, brassant leurs personnages chimériques, leurs animaux bizarres et leur connexion forte à dame nature. Intitulée "En plein Cœur", l’exposition semble aller au cœur d’un monde onirique propre à l’artiste, au cœur des rêves et cauchemars que sa peinture réveille, au cœur de paysages moitié effrayants, moitié enchanteurs,  au cœur de la matière qui vient cracher ses figures et ses formes comme on ouvre les vannes de l’inconscient pour le laisser envahir le territoire de la toile ou de l’argile, dégorgeant son bestiaire, ses monstres autant que ses rivières de fleurs et sa pluie de fruits.

Si certaines œuvres sont plus percutantes que d’autres, on déplorera le caractère parfois répétitif des motifs qui crée un maelstrom général où l’unicité de chaque œuvre se dilue, certaines se confondant les unes les autres, d’où une vague impression de tourner en rond, ainsi que le manque de lumière dans certaines salles qui oblige à littéralement mettre le nez dans l’œuvre pour en approcher la profusion de détails.

Mais ces récurrences ornementales qui mettent en scène régulièrement oiseaux, fruits, fleurs, cartes à jouer et œufs au plat, cavités et monticules, nuages et troncs d’arbres calcinés, avec une fantaisie nimbée de mystère, sont aussi des clins d’œil, des cailloux de Petit Poucet que sème avec malice l’artiste, les lettres d’une grammaire picturale et sculpturale qui font la singularité de son œuvre. On en aime les coulées et trainées de couleurs, les débordements de matière, la surface qui suinte et luit, la densité de la substance, son aspect très compact, terrien, sombre aussi, autant que ses explosions chromatiques, et la poésie souterraine qui s’échappe de ce fourmillement de détails.

Dans ce monde où l’animal, le végétal et les créatures fantasmatiques existent à parts égales, on se promène comme en un sous-bois inquiétant autant que fascinant. Au hasard de notre chemin, on y croise une espèce de grosse ogresse gorgée de pommes, une série de petites déesses féminines toutes en courbes modelées, et un vrai couteau laissé là à dessein, trainant sa lame dans les sinuosités d’une œuvre, comme la trace malicieuse d’une artiste qui signe à la pointe de son couteau. Qui le plante en plein cœur de la matière pour mieux en extraire son potentiel imaginaire.

Par Marie Plantin

Marlène Mocquet
"En Plein Cœur"
Du 7 mars au 4 juin 2017
Musée de la Chasse et de la Nature
62 Rue des Archives
75003 Paris