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Le cœur palpitant d’Estelle Meyer chante sa rage de vivre en un rituel musical régénérant

Estelle Meyer dévoile ses multiples visages aux Plateaux Sauvages et propose une expérience hybride et chamarrée à mi-chemin entre le concert théâtralisé, le rituel spirituel et la poésie sensorielle. Une performance scénique née de la parution récente d’un livre-disque qui donne son titre à ce spectacle d’un genre nouveau, “Sous ma robe mon cœur” et consacre le talent torrentiel d’Estelle Meyer la divine, magistrale comédienne, chanteuse radieuse et fougueuse prêtresse de l’amour. 
Quelle femme, quelle chanteuse, quelle comédienne, quelle poétesse, quelle artiste complète et généreuse qu’Estelle Meyer ! La voir déployer son chant, son univers et son âme dans la salle du bas des Plateaux Sauvages est une joie sans fond, un ébranlement de tout l’être, une expérience chamanique, intime et collective à la fois, qui vient nous reconnecter au merveilleux mystère d’exister, au primitif en nous et à nos ancêtres par la même occasion, nous inscrire dans le cycle infini de la nature et l’élan cosmique du monde, nous réveiller à la vie profonde, nous inspirer des envies vertigineuses d’intensité rieuse, de liberté fiévreuse, de sensualité aqueuse.

On la savait comédienne de haute volée pour l’avoir vue chez Guillaume Vincent ou plus récemment chez Joséphine Serre (dans “Data Mossoul”) qui signe ici la collaboration artistique de ce solo qui n’en est pas vraiment un puisque deux musiciens accompagnent Estelle la sirène dans cette traversée musicale de son répertoire personnel. On la savait chanteuse aussi bien sûr, voix tout autant terrestre que céleste, ample et gourmande, rocailleuse parfois, avec ce souffle dans les graves comme un vent chaud garant de ce mouvement perpétuel qui caractérise le tempérament tempétueux de cette artiste de la scène, tellurique et enflammée. Mais on la découvre en plus, avec une admiration de petite sœur, poétesse accomplie, charmeuse de mots serpentins, magicienne jouant avec les visions qui habitent son cerveau, une et réunie dans l’incarnation de toutes ses facettes avec ce projet personnel qui la révèle et la consacre bête de scène, reine et déesse, maîtresse de tous ses moyens d’expression.

Et face à ce miracle, on peine à trouver les mots suffisants, adéquats, à la hauteur, pour dire la puissance scénique de cette femme, la beauté qui émane de sa silhouette épanouie et sculpturale, son profil d’oiseau rare, ses yeux comme deux astres qui nous regardent sans a priori, ses cheveux lianes, et cette capacité ineffable à créer un temps commun partagé, à creuser dans le présent un puits de lumière et d’obscurité où se réunir côte à côte, ensemble, dans une énergie circulante d’une vitalité ancestrale. Parée de bijoux reflétant sa lumière, boucles d’oreilles dansantes, collier pharaonique, coiffe de madone, voile rouge sang de gitane et ceinture de coquillages, dans une robe scintillante de princesse orientale, Estelle Meyer est une terre de contrastes accueillante, irradiant ses ondes bienveillantes, chaleureusement accompagnée au clavier et à la batterie par deux créatures somptueusement vêtues elles aussi, Pierre Demange et Grégoire Letouvet. 


Au bout de ce conte enchanté, de cette cérémonie où se consument nos poids, nos peurs, nos rancœurs, on croirait toucher du doigt la joie, cette vibration cristalline qui nous connecte à notre noyau dur interne autant qu’à la présence enveloppante des autres autour. Et l’on se sent un peu plus raccordé à nous-même, au tissu cosmique, tel un arbre, racines ancrées dans les antres de la terre, branches tendues en prière vers l’au-delà. Grandis.

Estelle Meyer est un cadeau du ciel. Que l’on reçoit bras ouverts et l’âme en fête avec une gratitude éternelle.

Par Marie Plantin

Estelle Meyer
Sous ma robe, mon coeur
Du 12 au 16 novembre 2019
Aux Plateaux Sauvages
5 Rue des Plâtrières
75020 Paris

Collaboration artistique : Joséphine Serre 
Ingénieur du son : Antoine Morelon 
Création lumière : Tom Honnoré 
Costumes : Suzanne Veiga Gomes 

Jeu et chant : Estelle Meyer 
Piano Grégoire : Letouvet 
Batterie : Pierre Demange
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