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La SAGA de Jonathan Capdevielle réactive la puissance nostalgique des souvenirs sonores

Après Beaubourg et la Maison des Arts de Créteil, Jonathan Capdevielle revient avec son spectacle inclassable, "Saga", présenté à Nanterre-Amandiers cette fois.

Ah Jonathan Capdevielle ! On voudrait lui écrire des poèmes ! Il est de ses personnalités inclassables du spectacle vivant, de ses électrons libres comme on dit, des plateaux de théâtre. Comédien et marionnettiste fétiche de Gisèle Vienne, il mène depuis quelques années un parcours personnel de metteur en scène dans lequel il mixe son histoire familiale avec son goût (et son talent) pour le chant. Après "Adishatz / Adieu", solo singulier dans lequel l’artiste confirmait son don pour les changements (et imitations) de voix, le revoilà avec un deuxième opus élargi (ils sont quatre en scène) : "SAGA", plongée dans les monts et les creux de l’enfance tarbaise de Jonathan dit Jojo, ses coups de cœur musicaux, un entourage familial pour le moins chaotique avec psychodrames en pagaille, la valse des personnalités rocambolesques du coin, le tout sur fond de folklore musical pyrénéen et de tubes des années 90 interprétés en live avec une aisance déconcertante. Car le théâtre "capdeviellien" donne de la voix, s’adresse à nos oreilles avant tout, à nos souvenirs aussi, à notre petite musique intime.

Comment en effet distinguer le vrai du faux dans ce maelstrom de dialogues plus vrais que nature et de scènes que le cinéma américain ne renierait pas ? Comment démêler la réalité autobiographique de la fiction scénique ? Là est le trouble que Jonathan jette sur le plateau flanqué d’une montagne de carton-pâte (la création scénographique est signée Nadia Lauro) sortie des contes sans âges de notre enfance, sombre protubérance émergée de l’espace vide et lisse de la scène qui exclut tout penchant naturaliste et tire le spectacle vers le domaine du rêve éveillé où toute chronologie explose. Evasion maximale. On perd parfois le fil de tout ça, on s’éloigne, on se ré-accroche et puis on se rend compte qu’on est au bord des larmes en écoutant une reprise de Céline Dion. Mais que nous a donc fait Jonathan Capdevielle ? Une saga à sa sauce, un spectacle sans filets. Un paysage sonore parsemé d’histoires. Un filtre magique qui nous met dans un état second, nous éloigne radicalement de notre zone de confort et c’est tant mieux.

Par Marie Plantin


SAGA
Du 21 au 26 février 2017
Au Théâtre Nanterre Amandiers
7 Avenue Pablo Picasso
92000 Nanterre