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La petite musique photographique de Doisneau

A la Cité de la Musique, une exposition explore le lien photographique de Doisneau à la musique ou comment celle-ci s’immisce dans ses clichés via ceux qui la font. Portraits, scènes de bar ou attroupements de rue, c’est toute une époque qui resurgit en filigrane, des années 50 aux années 90.
Tant de chanteurs et musiciens sont passés par son objectif, immortalisés par son regard sensible et facétieux. La Cité de la Musique consacre son exposition actuelle à Robert Doisneau, dans son rapport photographique à la musique. Photographe urbain par excellence, populaire au sens le plus noble du terme, qui a su, avec simplicité et humour, capter la vibration de son époque, le bitume et les bars, les gens tout simplement, Doisneau avait fait de la rue son élément, aimant par dessus tout flâner sans but. C’est donc sur un principe de déambulation, trouée d’échappées visuelles et buissonnières, de nappes sonores concoctées par Moriarty, et de dessins originaux (des fusains qui prolongent en douceur l’esthétique du photographe) signés Stephan Zimmerli (musicien et graphiste du groupe, également en charge de la scénographie de l’exposition) que nous avançons dans la forêt de clichés en noir et blanc, tout droit sortis du Rolleiflex de l’artiste. Les cartels nous guident, nous accompagnent, comme autant de points de repères, de cailloux de Petit Poucet pour comprendre la personnalité du photographe, le contexte, et picorer de ci de là anecdotes et citations. 

“Je refuse de montrer le côté noir de la vie” dit Doisneau dans la bande-son et c’est ce que disent ses images humanistes. A travers son regard toujours émerveillé, la rue est une fête, la musique est partout via fanfares, accordéonistes, violonistes ou chanteurs à la criée. Le Paris de l’après-guerre exhibe sa grisaille, ses immeubles tristes, mais les passants affichent des mines réjouies. Jacques Prévert affiche sa bonhomie légendaire sur le pont de Crimée, les chanteurs à la mode défilent sous l’objectif du reporter. La jeunesse rêveuse de Juliette Gréco, le visage graphique de Barbara, l’hilarité de Charles Trénet, les charentaises de Fréhel, Brassens et sa guitare… Les pontes du monde de la musique classique prennent le relais, immortalisés dans leur contexte de travail. Le compositeur Boulez, la cantatrice Maria Callas entre autres. S’ensuit la longue et fructueuse collaboration avec le violoncelliste Maurice Baquet, une flopée de photos drolatiques et fantaisistes, de saynètes comiques, voire surréalistes, de photomontages facétieux. Puis on pénètre dans l’univers nocturne du jazz, les caves de Saint-Germain des Près, les icônes de l’époque (Big Bill Bronzy, Django Reinhardt…), les gitans de Montreuil, avant d’aborder les années 80-90 aux côtés d’Higelin, Renaud et par dessus tout les Rita Mitsouko pour qui Doisneau a réalisé la pochette du 45 tours “Mandolino City”. L’entente fut si évidente que les trois compères décidèrent de poursuivre l’aventure avec une nouvelle série dans le parc de la Villette et ailleurs, au gré d’une promenade complice et joueuse. La photogénie et la personnalité du couple Fred Chichin et Catherine Ringer y explosent en des clichés jamais vus.

Une manière rock’n roll de finir cette exposition tendre et attachante qui se poursuit en pointillé dans les collections permanentes du musée.

Par Marie Plantin

Doisneau et la musique
Du 4 décembre 2018 au 28 avril 2019
A la Cité de la Musique
221 avenue Jean Jaurès
75019 Paris
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