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La Main de Leïla, une histoire d'amour sur fond de cinéma et d'Histoire algérienne

Dernière ligne droite pour "La Main de Leïla" à l’affiche du Théâtre des Béliers Parisiens jusqu’au 18 janvier avant une tournée internationale (oui oui). Un très joli spectacle orchestré par Régis Vallée qui signe ici sa première mise en scène avec succès.
Nous sommes en 1987 dans un village imaginaire à quelques kilomètres d’Alger, Sidi Fares. Samir est projectionniste dans un cinéma de fortune, improvisé dans un garage, un cinéma de contrebande qui défie la censure en ne passant que des films interdits où les baisers langoureux pourraient faire tourner la tête des populations et leur donner de mauvaises idées, l’idée de s’aimer librement, d’éprouver le plaisir de la chair et du "bouche-à-bouche", du cœur qui tressaille et bondit. On pense inévitablement à "Cinema Paradiso" de Giuseppe Tornatore, film indélébile pour qui l’a vu dans sa jeunesse. Car "La Main de Leïla" a deux toiles de fond, aussi puissantes l’une que l’autre : le contexte historique de l’Algérie de la fin des années 80, la chape de plomb sur le pays, le FLN, les émeutes de 1988, la fracture interne et la cinéphilie des personnages, leur passion partagée pour le 7ème Art. C’est d’ailleurs dans ce cinéma improvisé que tout commence. La rencontre entre Samir et Leïla, le début de leur histoire, le début de l’histoire.

"La Main de Leïla" est une histoire d’amour, d’amour secret, contrarié par la loi du plus fort, la loi patriarcale, la loi paternelle. Car Leïla est fille de colonel. Et Samir un petit voyou sans fortune et sans statut. Une histoire somme toute assez simple, limpide dans sa narration mais chargée de ce que ces auteurs y ont mis, Aïda Asghazadeh (qui n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle est l’auteur remarquée des "Vibrants" entre autres) et Kamel Isker. Les deux auteurs jouent également dans le spectacle, aux côtés du formidable Azize Kabouche. A eux trois, ils portent ce récit en demi-teintes, jovial et mélancolique, où souffle autant le désir libertaire que les entraves économico-sociales, où s’entrechoquent les générations et les combats individuels. A la mise en scène, Régis Vallée, que l’on connaît surtout comme comédien émérite dans les pièces d’Alexis Michalik ("Le Porteur d'Histoires", "Le Cercle des Illusionnistes", "Edmond") . Il signe ici sa première mise en scène et c’est un coup de maître. La scénographie, humble, faite de récup, de bric et de broc, convient parfaitement à l’atmosphère de la pièce. Ingénieuse, elle permet une fluidité optimale dans les changements de scènes. Le rythme de l’ensemble est impressionnant, les comédiens assument plusieurs rôles et assurent en dynamisme, crédibilité, variations de tons (de l’humour aux élans d’amour, de la peur aux envolées d’espoir). On est pris, on y croit, on adhère, on rit, on pleure, on se retrouve spectateur pantelant devant ce récit qui nous rappelle combien l’Histoire impacte la vie des gens, pénètre jusqu’à l’intimité des sentiments. L’ensemble est rondement mené, les détails sont savoureux, la musique à propos et les lumières composent les ambiances avec justesse, mention spéciale à la scène finale, superbe.

On fond totalement pour cette histoire poignante sur fond de cinéma, dans lequel la fable romantique se glisse dans les draps du contexte historique, pour ce théâtre qui respire l’humanité et le savoir-faire des artisans qui l’ont fabriqué, comme on travaille patiemment pour lui donner vie la matière de l’objet rêvé. "La Main de Leïla", d’une pièce écrite à quatre mains, est devenu un spectacle porté de l’intérieur par l’équipe qui l’a engendré et qui lui a donné sa si savoureuse saveur. Ce spectacle s’adresse à tous et il touche droit au cœur.

Par Marie Plantin

La Main de Leïla
Jusqu’au 18 janvier 2018
Au Théâtre des Béliers Parisiens
14 Bis Rue Sainte Isaure
75018 Paris

Le lundi 30 avril 2018
Au Théâtre la Pépinière

Tournée
Le 20 Janvier 2018 à Villeneuve Saint-Georges
Le 23 Janvier 2018 à Mont de Marsan
Le 25 janvier 2018 à Montaigu
Le 31 Janvier 2018 à Margny-les-Compiènes
Le 9 Février 2018 à Villeparisis
Le 14 Février 2018 à Tourlaville
Le 15 Février 2018 à Granville
Le 16 Février 2018 à Vitré
Le 24 Mars 2018 à Valence
Le 27 Mars 2018 à Saint-Raphaël
Le 31 Mars 2018 à Lezignan-Corbières
Les 17 et 18 Avril 2018 à Ajaccio
Le 20 Avril 2018 à Bastia
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