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La danse contemporaine installe son QG en Seine Saint-Denis

Dans deux jours sera donné le coup d’envoi des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, énorme manifestation consacrée à la danse contemporaine sous toutes ses coutures.
C’est une vitrine inégalée pour qui veut appréhender de près les acteurs de la danse contemporaine aujourd’hui. Riche, diversifiée, exigeante, audacieuse, telle est la programmation des Rencontres chorégraphiques qui chaque année reviennent au printemps et ne déméritent pas de leur statut, acquis depuis belle lurette, de Festival incontournable.

Plus d’un mois durant, les propositions s’y succèdent, créations ou spectacles accueillis, en provenance du monde entier, révélant cette année près de 30 chorégraphes et compagnies aux démarches et recherches extrêmement variées, radicales ou pas, soli ou pièces de groupe, creusant le présent et l’avenir de la danse contemporaine tous azimut, tout en portant un regard unique sur l’état actuel des choses, celui de la société, celui de l’être humain.

C’est dans ces fameuses Rencontres qu’on a pu découvrir des personnalités comme Gaëlle Bourges ou Daniel Linehan, y suivre Olivier Dubois ou Cindy Van Acker, Kataline Patkaï ou Myriam Gourfink et tellement d’autres artistes talentueux encore. Car le Festival existe déjà depuis des dizaines d’années, son origine remontant à la fin des années 60, au fameux Concours de Bagnolet, concours chorégraphique pour la nouvelle danse qui avait pour vocation de défricher les artistes novateurs en la matière. Rebaptisé Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint- Denis en 1995, le Festival est alors une biennale qui se tient à la MC 93 de Bobigny exclusivement.

Ce n’est qu’à partir de 2003, sous l’impulsion de sa nouvelle et actuelle directrice Anita Mathieu, que les Rencontres deviennent annuelles et réparties en une myriade de lieux qui, sur une grosse base, restent les mêmes d’années en années, avec quelques légères variations. Pour l’édition 2017, les Rencontres se déploient sur une douzaine de structures réparties dans toute la Seine Saint-Denis : le Colombier (Bagnolet), le Nouveau Théâtre de Montreuil et le Théâtre Berthelot (Montreuil), La Chaufferie (Saint-Denis), La Dynamo de Banlieues Bleues et le Centre National de la Danse (Pantin), le Théâtre du Garde-Chasse (Les Lilas), le Théâtre de la Commune et L’Embarcadère (Aubervilliers), l’Espace Michel Simon (Noisy-le-Grand), Mains d’œuvres (Saint-Ouen), la péniche La Pop (Paris, Quai de Loire).

Si la vocation première de concours a aujourd’hui disparu, celle de défrichage est toujours d’actualité. En quête d’écritures chorégraphiques neuves, de personnalités à révéler autant que d’artistes à accompagner sur la durée, le Festival vient témoigner de la vitalité chorégraphique de l’époque.

A voir cette année, quelques figures chorégraphiques qu’on ne présente plus, comme Herman Diephuis, l’inimitable Michel Schweizer, Olivia Grandville, Vera Mantero et la compagnie Kubilai Khan Investigations. Mais surtout, l’affiche est composée de nouvelles têtes, de nouvelles personnalités en train d’éclore et c’est là toute la dimension enthousiasmante de la manifestation.

Les compagnies viennent du monde entier, comme le titre des Rencontres l’indique, et c’est un point fort dans l’aspect vivifiant de la programmation. L’occasion de voir des créations en provenance d’Inde, d’Iran, du Québec, d’Espagne, de Belgique, des Pays-Bas, du Japon, d’Italie, du Brésil, de Corée du Sud, d’Irlande, d’Autriche, du Portugal… Un vrai tour du monde des nouvelles pratiques en danse contemporaine, des imaginaires en ébullition, des sources d’inspiration et centres d’intérêt d’artistes aux prises avec le réel, des esthétiques toutes plus variées les unes que les autres. Parmi ses compagnies, certaines se produisent pour la première fois en France.

On note cette année une belle proportion de femmes chorégraphes, ce qui constitue un enjeu notoire dans un XXIe siècle encore à la traîne sur la parité hommes / femmes. Mais c’est surtout la question du corps qui est centrale, bien sûr, cœur du travail chorégraphique, au cœur de l’expérience, du monde et du plateau, au cœur des recherches et processus abordés.

Les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis se vivent côté artistes et côté spectateurs comme une expérience de tous les sens, un accès privilégié à une autre dimension du corps, poétique, pluriel, transgressif, en un mot, libre.

Par Marie Plantin

Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine Saint Denis
Du 12 mai au 17 juin 2017
En divers lieux de Paris et Seine Saint-Denis