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L’encre noire d’Abdelkader Benchamma déborde sur les murs de la Galerie Templon

Exposé pour la première fois chez Templon, rue Beaubourg, Abdelkader Benchamma imagine un panel d’œuvres parcourues de flux dynamiques et immatériels entre représentations mentales et  traces géologiques. Une plongée abyssale privilégiant le noir et blanc comme souvent chez l’artiste.
C’est un flux cosmique, c’est la mer en furie, c’est une vallée prise dans la tourmente des éléments. La large et vaste toile qui ouvre l’exposition de la Galerie Daniel Templon en son site de la rue Beaubourg résume à elle seule l’œuvre d’Abdelkader Benchamma, ce mouvement ample qui la traverse, lui confère son énergie de vie et son chaos, cette façon de déborder, de ne pas se laisser contraindre par une interprétation unique mais d’ouvrir les portes de la perception pour mieux laisser le visiteur en contemplation face à ses images mentales. Et ce noir et blanc récurrent, cette prégnance de l’encre, qui draine dans ses sillons l’écho de la calligraphie japonaise. Abdelkader Benchamma a la cote en ce moment et enchaîne les expositions depuis son prix Drawing Now en 2015. Invité lors de la dernière Nuit Blanche à investir l’espace séculaire et minéral du Collège des Bernardins, il en recouvrait sol et mur de fresques monumentales inspirées de théories physiques et cosmologiques comme pour ouvrir des perspectives infinies en lien avec le mystère de la création.

Avec “Engramme”, sa première exposition à la Galerie Templon, l’artiste, qui s’inspire autant de littérature que d’astrophysique, de philosophie et d’ésotérisme, s’est intéressé aux recherches de neurophysiologie autour de l’engramme, trace mémorielle enregistrée par le cerveau. Ses toiles fonctionnent à la limite du figuratif et de l’abstrait. Souvent immenses et immersives, elles invitent à s’y perdre, d’autant plus que ces flux de formes débordent régulièrement du cadre, promptes à se propager sur le mur, à sortir le dessin de son format, à opérer une résonance avec nos images mentales qui, elles aussi, se marient avec l’espace, sans support ni limites contraignantes. On oscille à vue entre représentations intérieures, souvenirs évanescents imprimés dans les zones adéquates de notre cerveau, témoins du vécu, de notre inscription dans le temps, et ensemble de traces matérielles, comme des empreintes géologiques qui viendraient défier notre temporalité humaine. Et tantôt l’on arpente des territoires terrestres, tantôt c’est le cosmos qui s’engouffre. Les tableaux jouent du plein et du vide, du mouvement permanent et du point fixe, ils exercent leur pouvoir de fascination et de mystère et ouvrent à l’envi des brèches vertigineuses dans le cerveau de qui les regarde sans compter son temps.

Les œuvres d’Abdelkader Benchamma invitent la terre, le ciel et la mer en leur sein, sans distinction, et, s’abreuvant à la source des éléments qui sont notre berceau et notre terreau, nous rapprochent de notre noyau, de l’œil du cyclone en quelque sorte.

Par Marie Plantin

Abdelkader Benchamma
Engramme
Du 16 mars au 19 mai 2019
A la Galerie Daniel Templon
30 Rue Beaubourg
75004 Paris
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