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L’Art Brut japonais s’expose à la Halle Saint-Pierre

Depuis la rentrée et jusqu’en mars prochain, la Halle Saint-Pierre ouvre ses espaces d’exposition à l’Art Brut japonais via une sélection riche et foisonnante d’œuvres extrêmement visuelles et intenses. Un tourbillon pour l'imaginaire.
Huit ans après un premier volet consacré à l’Art Brut Japonais, juste après une exposition dédiée à l’Art Brut des Balkans, la Halle Saint-Pierre se tourne de nouveau vers les productions artistiques outsider en provenance du Pays du Soleil Levant et présente depuis septembre dernier une sélection foisonnante d’œuvres toutes plus surprenantes les unes que les autres, témoignant d’imaginaires puissants, d’un rapport souvent obsessionnel à la création, de l’éclectisme de la créativité via la multiplicité des sujets abordés autant que la variété des techniques et matériaux employés.

L’enfance est très présente, encore une fois, avec des œuvres extrêmement touchantes, que ce soit les délicats origami miniatures de Yoshihiro Watanabe représentant un large bestiaire sauvage en feuilles d’arbres pliées, les véhicules de chantier et camions colorés de Takumi Matsuhashi ou les camions à l’encre de chine sur papier de Toshio Okamoto, les figurines enfantines de Akira Yamane, le bestiaire à l’acrylique de Haruka Mori (chenille, mouton, abeilles, caméléon…) ou encore celui sur bois de Takayuki Ayama, au stylo graveur et crayons de couleur. Les matières sont pléthores, nous rappellent souvent combien le réel qui nous contient est tangible et tactile, les textiles (coton, laine et fibre synthétique) de Kazu Suzuki ou de Misuzu Seko, les céramiques d’Akio Kontani ou de Shinobu Hamawaki, les sculptures en mousse de polystyrène, papier et pics de bambou peints de Keisuke Atsumi, la pluralité des techniques mixtes, sans compter les dessins et peintures sur bois ou papier. Le folklore culturel japonais s’invite parfois comme dans cette sculpture de monstre en argile de Naoya Matsumoto ou cette grande figure carnavalesque en patchwork de tissus de Ichiro Yoshida, sans parler de ces visages d’une expressivité phénoménale en pastel, crayons de couleur et stylo sur papier signés Takeru Aoki. 

Cet accrochage remarquable par la singularité et la puissance intime de chaque geste artistique qui y est présenté est le fruit d’une entreprise de défrichage de longue date et de longue haleine, les œuvres dites d’Art Brut ayant pour particularité de naître hors contexte officiel, hors des sentiers battus des écoles d’art et autres parcours plutôt classiques. Les artistes sont souvent issus de situations d’isolement social ou mental, parfois reclus en institution psychiatrique, ce qui donne à leur création une authenticité saisissante, les dote d’une urgence à être. Répétitif, impulsif, minutieux, précis, maîtrisé, le geste créatif est ici un élan plus qu’autre chose, un besoin basique d’extérioriser, un monde intérieur projeté au dehors. C’est fort, troublant parfois, émouvant le plus souvent. Ces créations explosent tout jugement, on les reçoit en pleine âme et on s’incline.

Par Marie Plantin

Art Brut Japonais
Du 8 septembre 2018 au 10 mars 2019
A la Halle Saint-Pierre
2 Rue Ronsard
75018 Paris
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