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Jean-Michel Basquiat, des rues new-yorkaises à la Fondation Louis Vuitton

De la grande exposition en voulez-vous, en voilà avec l’événement Jean-Michel Basquiat. Jusqu’au 21 janvier 2019, la Fondation Louis Vuitton lui dédie une rétrospective avec cent-vingt œuvres pour plonger au cœur d’une décennie de production intense et fulgurante.
Un portrait photo, celui de l’artiste, nous accueille à l’entrée de l’exposition qui lui est consacrée à la Fondation Louis Vuitton. Rien de plus banal et normal, si ce n’est que ce visage que l’on connait tous, celui de Jean-Michel Basquiat, est celui d’un artiste à la carrière éclair et intense, pionnier du street-art, mort à la fin des années 80 à l’âge de 28 ans et première icône noire de l’art du XXème siècle. Cette rétrospective revêt des airs d’événement exceptionnel en tout points : de par la jeunesse de Basquiat, de par sa condition “d’homme noir” (combien d’autres artistes plasticiens noirs ont-il eu la chance d’avoir, en France, les honneurs d’une exposition dans une grande institution ?), de par l’avant-gardisme de son travail et, ne l'oublions pas, de par la provenance des pièces pour la plupart issues de collections privées et donc assez difficiles à réunir en un même lieu. 

Cent-vingt œuvres de Basquiat ont pris place cette semaine à la Fondation Louis Vuitton : des réalisations monumentales (Grillo), des pièces rarement vues comme ces trois Heads exposés ici pour la première fois ensemble, le fruit de la collaboration avec Andy Warhol dont on ne voit que quelques travaux choisis parmi les cent-cinquante qu’ils ont co-signés (Dos CabezasOp Op...) ou ce Riding with death, toile au symbolisme puissant, peinte l’année de sa mort et montrée pour la première fois en France. 

Le parcours mis en place amène à sonder la richesse et la complexité d’une œuvre vibrante et sensible, impulsive, irréfléchie voire presque enfantine au premier regard, mais qui entre les traits “grossiers” répand son lot de références culturelles, de clins d’œil aux maîtres du passé de l’art, de regards, critiques et interrogations sur la société moderne. Comment ne pas être saisi, touché par le cri lancé par Irony of a negro policeman qui, il y a plus de 35 ans, dénonçait déjà le mauvais traitement infligé à la communauté afro-américaine au sein de la société.

Basquiat, des rues de New York (qu’ils taguaient sous le nom de SAMO) aux musées et galeries, fait dialoguer ses influences et ses héros pour la plupart noirs (le musicien Charlie Parker, Cassius Clay et d’autres boxeurs…) et explore librement divers supports et techniques (toiles, portes, carrelage, collage, feutre, crayon gras, palissades…) pour inventer sa propre langue, ouverte à tous les apports extérieurs comme celui de la musique, pour créer un univers dense, truffé de mots et slogans, de motifs et figures récurrents (comme la couronne, le personnage de l’homme noir) et frappant par son acuité et son avant-gardisme culturel. Trente ans après son décès, 40 ans après ses premiers pas dans l'art contemporain, l'œuvre de Basquiat continue de nous parler. 

Du 03/10/2018 au 21/01/2019
à la Fondation Louis Vuitton
8, Avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne 
75116 Paris


Par Rita Carvalho
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