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Installation photographique chez Yohji Yamamoto

En ce moment, dans l’élégante boutique Yohji Yamamoto de la très chic rue Cambon, se tient une installation photographique graphique et épurée qui vient faire écho à la collection automne-hiver 2018-2019 du créateur japonais. 
On y pénètre comme dans un temple, un lieu sacré qui inspire le silence. Et pourtant nous sommes dans l’un des hauts lieux de la mode parisienne, dans la boutique de Yohji Yamamoto, à l’angle de la rue Cambon et de la rue du Mont Thabor, à deux pas de la place Vendôme. Dans ce quartier de haut standing, le luxe s’expose en vitrine autant qu’il s’achète à des prix flamboyants, inaccessibles à beaucoup de gens. Mais la beauté, elle, fait fi de l’argent et s’offre au tout venant, à celui qui sait la voir et ose entrer. Chez Yohji Yamamoto actuellement, une installation photographique signée Leslie Kee, photographe originaire de Singapour, transforme la boutique en espace d’exposition et créé de belles résonances entre les silhouettes de la collection et les images en noir et blanc grand format qui ponctuent les murs des deux niveaux du lieu. Les mannequins sont hiératiques dans leurs grands manteaux sombres, les corsets renforcent les tailles, le cuir s’invite dans les matières d’hiver. La collection s’inspire du Cubisme d’une part et rend hommage, d’autre part, au couturier Azzedine Alaïa, ami de Yamamoto, avec lequel le créateur entretenait une proximité artistique dans la récurrence du noir et le goût pour des coupes architecturées. 

Graphiques et épurées, les photographies dialoguent avec les vêtements et accessoires exposés, distillant leurs contrastes, leurs lignes et volumes, leur mouvement suspendu, au-dessus des portants ou en regard des mannequins fantomatiques. Le calme du lieu impressionne et invite à s’en imprégner. A l’étage, un catalogue exclusif vient compléter l’exposition, la prolonger en un objet hors norme dont on tourne les pages avec précaution. Ici, le temps semble passer différemment, plus lentement. Emanation du rapport à la création. L’architecture du lieu ajoute au sentiment qui nous habite. Le grand escalier, massif et blanc, déploie sa courbe croissante avec une majestueuse élégance tandis que les fresques murales signées par la jeune artiste japonaise Yuuka Asakura apportent leur densité et leur fougue chaotique à la paix régnante. 

Entrée libre.

Par Marie Plantin

Leslie Kee
Du 4 au 27 octobre 2018
A la boutique Yohji Yamamoto
4, Rue Cambon
75001 Paris