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Fanny Spinetta dialogue avec elle-même dans un premier one woman show prometteur

Fanny Spinetta met en émoi l’écrin riquiqui de la Comédie des Trois Bornes avec un premier one woman show bien senti, bien écrit, intitulé “De moi à moi”.
Bon d’accord, Fanny Spinetta n’aborde pas les grands thèmes de l’actualité économique, politique et sociale, le chômage, les migrants, le harcèlement et tout le tralala. Les grands maux du monde, ce n’est pas son créneau. Le crédo de son premier one woman show consiste d’abord à faire les présentations. Et pourquoi pas, on ne la connaît pas, faisons connaissance. Fanny Spinetta entre en scène telle qu’en elle-même, veste noire ajustée, chemise noire boutonnée jusqu’au col rentrée dans un jean taille haute, derbies noires vernies, classe mais pas too much, l’élégance simple et décontractée. Elle décline son identité, ses origines, son pedigree. Elle montre patte blanche, joue cartes sur table, elle ne triche pas sur la marchandise, elle balance. Et en profite au passage pour donner un petit coup de pied bien visé dans nos préjugés, nos étiquetages faciles au faciès. En cela, l’écrin calfeutré de la Comédie des Trois Bornes lui va à ravir, ambiance intimiste, spectateurs au plus près de la scène, on est entre nous, en confiance et en même temps on l’attend un peu au tournant car son entrée en matière laisse effectivement présager de thèmes communs et rebattus, beaucoup d’humoristes pratiquant l’autobiographie révisée. Se prendre pour sujet est souvent la norme, quand bien même fiction et réalité se déguisent puisque le spectateur ne vient pas chercher une quelconque vérité mais un regard singulier, un ton, un style, une personnalité et bien sûr, l’humour.

Là dessus, Fanny Spinetta s’en sort très bien. Elle porte haut la main ce premier seul en scène, maîtrisé, tenu, tendu par une écriture fine et une interprétation juste. Mais ce que l’on apprécie le plus, c’est cette forme de dédoublement qu’elle opère, d’elle à elle-même, comme l’annonce le titre de son spectacle qui est un programme en soi. “De moi à moi”. Fanny Spinetta nous parle d’elle certes, mais aussi et surtout de ce qu’elle pourrait ou aurait pu devenir, avec toutes les angoisses que cela comporte. Et cet angle lui permet d’embrasser d’autres qualités de personnages, d’aller voir ailleurs si elle y est, du côté de la comédienne insupportable qu’elle flippe de devenir ou de la mère indigne qui lui ôte tout désir de maternité, ou encore de ses parents dont elle gère l’héritage comme elle peut. Chaque portrait est bien dessiné, bien vu, bien senti, et dénote un joli sens de l’observation qu’elle pourra creuser encore car c’est là l’un de ses atouts forts. 

Par Marie Plantin

Fanny Spinetta
De moi à moi
Jusqu’au 29 mars 2018
Les jeudi à 21h30
A la Comédie des Trois Bornes
32 Rue des Trois Bornes
75011 Paris
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