Actualités
vendredi 20 mars 2020
Le Silence et la peur, Nina Simone et l’Histoire noire-américaine dans un spectacle éclairé et éclairant
 
Actualités
mercredi 18 mars 2020
Quand la sculpture contemporaine s’empare du motif animal…
 
Actualités
mardi 17 mars 2020
Turner illumine le Musée Jacquemart André de ses peintures et aquarelles en provenance de la Tate
 
Danse contemporaine : les chorégraphes qui la font

Les expérimentations optiques de Philippe Decouflé

Célèbre et populaire pour avoir mis en scène les cérémonies d’ouverture et de fermeture des JO d’Albertville (en 1992), la parade d’ouverture de la coupe du monde de Rugby en 2007 (La Mêlée des mondes), dépoussiéré la revue du Crazy Horse ("Désirs"), conçu un show grandiose pour le Cirque du Soleil ("Iris") et un spectacle hommage à David Bowie ("Wiebo") à l’occasion de l’exposition que lui a consacré la Philharmonie de Paris en 2015, Philippe Decouflé a toujours aimé les croisements de disciplines, l’exploration de nouveaux territoires et n’a jamais craint les dangers de la médiatisation de masse. Au contraire. Il s’en sert pour déployer son univers fort sur différents supports, en différents contextes, sans peur de se perdre ou de se laisser rattraper par le système. C’est ainsi qu’à ses débuts, il est choisi pour chorégraphier "La Danse des Sabots" lors du défilé du Bicentenaire de la Révolution sur les Champs-Elysées (en 1989). "Bleu Blanc Goude", le titre du défilé, était alors mis en scène par Jean-Paul Goude, l’un des nombreux frères de création qui croiseront sa route, au même titre que le créateur Jean-Paul Gaultier, la chanteuse Claire Diterzi, le chanteur Nosfell et d’autres encore, issus d’autres disciplines artistiques, Découflé aimant les interférences, les mélanges, les brassages. Souvenez-vous de la fameuse pub Kodak… sans parler des courts-métrages et clips qu’il a réalisé. Decouflé n’a jamais tenu en place. Un seul terrain d’expérimentation, ce n’est pas assez pour lui et sa patte irrigue toutes les disciplines qu’il touche, purement artistiques ou purement commerciales. C’est ainsi qu’il y a peu, en décembre 2015, on l’a vu animer les vitrines de Noël du Printemps à l’occasion du cinquantième anniversaire du magasin. Encore un saut de côté. Decouflé ne s’arrête jamais. Il créé tous azimut, sans snobisme, sans complexe.

Mais Philippe Decouflé est avant tout un chorégraphe prolixe au style bien identifiable, forgé par un parcours atypique, entre les cours d’Alwin Nikolais à New-York, l’école de cirque d’Annie Fratellini et l’enseignement en mime et expression corporelle d’Isaac Alvarez. Ses débuts ont accompagné la petite révolution de la danse contemporaine à l’orée des années 80, Decouflé ayant remporté le premier Prix du fameux Concours de Bagnolet en 1983. La même année, il fonde sa propre compagnie, DCA, Decouflé’s Company for the Arts. Ce qui caractérise essentiellement le chorégraphe, c’est son imaginaire visuel fantaisiste et ludique, son esthétique pop, chatoyante, colorée et kaléidoscopique, sa créativité débordante, son penchant pour une danse accessible, joyeuse et joueuse, portée par une énergie communicative, son goût pour l’humour, sa fraîcheur. Depuis "Vague Café" jusqu’à "Contact" en passant par "Petites Pièces montées" ou "Decodex", la gestuelle graphique du chorégraphe s’est élaborée, étoffée, renouvelée. Son expressivité burlesque, sa poésie rêveuse, sa propension à mettre sur le même plan d’importance artistique, environnement scénographique (notamment les jeux d’optiques, d’ombre, de lumière et projections vidéo), costumes incroyablement inventifs, touches de musique live et brassage avec d’autres disciplines comme le théâtre et même le cirque, n’ont qu’un but : l’allégresse. Chez Philippe Decouflé, art et divertissement ne se font pas la guerre, bien au contraire, ils avancent main dans la main, en bonne entente, et ça fait du bien.

Dans ce dossier
La Matière et la philosophie selon Josef Nadj Chorégraphe d’origine hongroise (il est né en Voïvodine, une région de l’actuelle Serbie), Josef Nadj a dirigé le Centre Chorégraphique National d’Orléans de 1995 à 2016. Il est l’auteur d’une vaste œuvre chorégraphique, énigmatique et incandescente, libre et exigeante, qui creuse...
Le laboratoire chorégraphique de Maguy Marin et Mathilde Monnier Ex-directrice du CCN (Centre Chorégraphique National) de Rilleux-la-Pape où, de 1998 à 2011, elle a effectué un travail remarquable de création autant que de terrain, Maguy Marin a marqué de son empreinte la danse contemporaine depuis les années 80 et son spectacle emblématique...
L’apôtre de la non-danse : Jérôme Bel Considéré comme l’un des principaux chefs de file de la non-danse, mouvement conceptuel né dans les années 90, Jérôme Bel construit une œuvre inédite et d’une portée sans précédent dans le spectacle vivant, en cela qu’elle déploie dans son sillon un vaste mouvement de pensée qui...
La musicalité d’Anne Teresa de Keersmaeker Ce qui vient immédiatement à l’esprit quand on pense à la danse de la chorégraphe flamande Anne Teresa de Keersmaeker, c’est le geste répétitif, la ligne pure, la corrélation intime et profonde entre musique et mouvement, la précision et la rigueur de la chorégraphie en même temps...
La ligne Dominique Bagouet Dominique Bagouet a peu vécu. Né en 1951, il est mort du sida en 1992, laissant derrière lui une œuvre courte constituée d’une dizaine de chorégraphies. Mais son passage, même éclair, dans le paysage chorégraphique contemporain, aura laissé une trace indélébile, influant sur de...
L’éclectisme d’Angelin Preljocaj Chorégraphe d’origine albanaise, Angelin Preljocaj a commencé par l’étude de la danse classique avant de se tourner résolument vers la danse contemporaine et d’en devenir l’un des fers de lance. Il a fait ses classes à la Schola Cantorum de Paris, établissement privé d’enseignement...
Mark Tompkins, le Roi du Music Hall Le chorégraphe américain Mark Tompkins, installé en France depuis les années 70, est l’un des nombreux rescapés du grand mouvement qui a généré le renouveau et l’élan colossal qu’a connu la danse contemporaine dans les années 80. Il fonde sa compagnie, IDA (International Dreems...
La Gestuelle facétieuse de Jean-Claude Gallotta Jean-Claude Gallotta, c’est et ce sera toujours une énergie juvénile et une gestuelle frétillante, faite de courses, d’accélérations et de ruptures de rythme, de jambes-compas, de cheveux-balais, de bras-pinceaux et de mains-crayons traçant des lignes de signes dans l’espace...
Jan Fabre, la danse insolente et bravache On peut difficilement faire artiste plus complet que le flamand Jan Fabre, artiste total, protéiforme et pluridisciplinaire, actif sur de nombreux terrains artistiques avec le même engagement (physique et intellectuel), le même besoin viscéral de bousculer codes et frontières, le...
Roland Petit ou le classicisme rebelle Enfant prodigue de la danse, Roland Petit signe dès 16 ans (en 1940) sa première chorégraphie, une pièce pour sa camarade Janine Charrat. Formé à l'école du ballet de l'opéra de Paris, créateur des Ballets des Champs-Elysées puis des Ballets de Marseille, cet artiste intrépide ne...
Les expérimentations optiques de Philippe Decouflé Célèbre et populaire pour avoir mis en scène les cérémonies d’ouverture et de fermeture des JO d’Albertville (en 1992), la parade d’ouverture de la coupe du monde de Rugby en 2007 (La Mêlée des mondes), dépoussiéré la revue du Crazy Horse ("Désirs"), conçu un show grandiose pour le...
La danse théâtre de Pina Bausch Elle a changé à jamais le visage de la danse contemporaine, l’a ouverte au territoire du théâtre, lui apportant un souffle neuf, réinventant le rapport au public, renouant avec l’immense potentiel narratif et émotionnel du corps. Entre les années 70 et les années 2000, jusqu’à sa...
La modernité de Maurice Béjart A l’image de la compagnie qu’il a créé, Le Ballet du XXème siècle, Maurice Béjart (de son vrai nom Maurice-Jean Berger) aura traversé le XXème siècle dans sa quasi-totale largeur puisqu’il est né à l’entrée du siècle, en 1927 (à Marseille), et s’en est allé à l’orée du siècle suivant,...
Merce Cunningham : danse du hasard et nouvelles technologies Surnommé "l’Einstein de la danse", l’américain Merce Cunningham a joué le rôle de révolutionnaire dans l’histoire de la chorégraphie. Celui qui générait sa danse sur ordinateur, qui avait proposé au public l'usage d’iPods, n’a eu de cesse de confronter l’esthétique du ballet aux...
La prêtresse américaine : Carolyn Carlson Quiconque a vu danser Carolyn Carlson une fois dans sa vie s’en souvient pour toujours. Chorégraphe mais danseuse avant toute chose, Carolyn Carlson est une interprète unique, au corps de liane, à la stature bâtie comme une architecture, et dont la force rejaillit sur son visage...