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Couple au bord de la crise de nerf

En ce moment au Théâtre Tristan Bernard, Virginie Hocq et Zinedine Soualem se mènent une guerre sans merci dans le salon cossu de leur appartement. Le couple en crise, ressort comique imparable.
C’était quand la dernière fois qu’on a ri ensemble, qu’on s’est souri, regardé dans les yeux avec affection, qu’on s’est touché avec tendresse, qu’on a fait l’amour, qu’on s’est senti vivant à deux tout simplement. Une femme fait le bilan et réalise avec effroi que tout ça, c’était il y a bien trop longtemps. La dernière fois remonte à loin, très loin. Alors calme et froide, elle en est venue à la conclusion, certes radicale et irréversible mais diablement efficace, d’empoisonner son mari plutôt que d’assister, impuissante, à la mort de leur couple. 

Voilà comment commence cette comédie d’Emmanuel Robert-Espalieu qui croque un couple petit bourgeois sans flamme, figé dans ses habitudes, calciné entre les murs de son appartement-prison. La pièce évite le réalisme conformiste des comédies de genre, en l’occurrence la comédie de couple, mais n’échappe pas à certaines facilités et motifs ultra convenus dont on aurait pu se passer aisément. Elle parvient néanmoins à nous tenir en haleine et à créer au sein de l’impasse mise en place par la situation de base un suspense nourri de retournements et rebondissements cocasses. On s’abstiendra d’en dévoiler ici. Et si parfois le trait est un peu gros, les gags passent la rampe facilement grâce à la mise en scène aiguisée de Johanna Boyé dont on avait déjà pu apprécier récemment le sens imparable du rythme et de la dynamique comique dans un Feydeau de haute volée, “La Dame de chez Maxim”. Elle prouve ici encore une fois sa capacité à s’emparer d’un texte aux dialogues ping-pong pour en tirer le meilleur parti. Sa direction d’acteur est d’une précision exquise et surtout, pousse les deux comédiens dans des retranchements burlesques inattendus. On n’imaginait pas Zinedine Soualem dans ce registre et il relève le défi haut la main. Quant à Virginie Hocq elle est tout simplement impayable, le clou du spectacle. Sa nature comique trouve là un terrain de jeu à sa juste valeur, elle libère tout son potentiel physique et vocal, lâche les chevaux et mène le jeu avec un irrésistible entrain. Elle n’en est que plus drôle et impressionnante, s’emparant de l’espace scénique de tout son corps. C’est un bonheur d’assister à un tel phénomène qui semble tout autant libérateur pour elle que pour nous. Le public ne boude pas son plaisir, la salle réagit au quart de tour, ça rit sans complexe, en bref, ça marche un max !

Alors si la pièce sonne un peu plan-plan parfois, force est d’admettre que le spectacle prend, ficelé avec un art consommé du tempo. Et si sa base est celle de la comédie, il nous surprend d’autant plus quand il vrille du côté du thriller inquiétant ou de la série Z horrifique. Musique et effets sont d’ailleurs dosés avec justesse et on apprécie. Du bel ouvrage. 

Par Marie Plantin

C’était quand la dernière fois
Du 20 janvier au 28 avril 2018
Au Théâtre Tristan Bernard
64 Rue du Rocher
75008 Paris
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