Actualités
lundi 10 décembre 2018
Transe amoureuse sous la plume de Faulkner
 
Actualités
lundi 10 décembre 2018
Les Aventuriers, le dernier festival musique avant la fin de l’année
 
Diaporama
vendredi 07 décembre 2018
Ground Control a un nouveau lieu… sur les Champs-Elysées
 
base

Caro et Jeunet, l’envers du décor à la Halle Saint-Pierre

Et si vous profitiez des vacances scolaires pour faire un tour en famille à la Halle Saint-Pierre ? Il s’y révèle l’univers magique du cinéma de Caro et Jeunet à travers les multiples objets qui peuplent leurs films et bien d’autres surprises qui sont une porte ouverte sur leur imaginaire envoûtant.
Impossible de dissocier nos vies de la découverte de leurs films, qui fut, à chaque fois, un mélange d’enchantement et d’effroi, une injection de merveilleux dans la banalité quotidienne, une expérience esthétique unique et réjouissante. Car leur collaboration artistique a été l’une des plus passionnantes et fructueuses du cinéma français. Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, ont, à quatre mains, deux cerveaux et infiniment d’imagination, réalisé deux films hors norme dans le paysage filmique de l’époque : "Delicatessen" (1991) et "La Cité des Enfants Perdus" (1995). Leur cinéma se réclame ouvertement du fantastique propre à Mélies, du mélange d’artisanat bricolé et de technique ultra poussée, d’une inspiration directement issue des arts forains. Pas étonnant qu’ils se retrouvent tous les deux dans le ventre obscur de la Halle Saint-Pierre, écrin parisien de l’art outsider, de la marge et des bas-côtés, niché dans le quartier de Montmartre qui a servi de décor aux aventures parisiennes d’Amélie Poulain.

Les films de Caro et Jeunet sont des œuvres à part et à part entière et contiennent en leur sein d’autres œuvres, dans un jeu de poupées gigognes foisonnant, des pièces visibles, comme les extravagantes sculptures mécaniques de Gilbert Peyre dans "Micmacs à Tire-Larigot" par exemple, et des sources cachées, comme cette fascinante maquette de Charles Matton qui inspira la boucherie de "Delicatessen". L’exposition de la Halle Saint-Pierre montre tout, comme en un cabinet de curiosité un peu particulier, elle égrène, film après film, les accessoires, les objets phares, maquettes et photographies, storyboard, dessins préparatoires, illustrations de Caro, le tout en résonance avec des pièces d’artistes qui ont nourri la ligne esthétique de chaque film.

On se promène dans l’exposition comme en un voyage non pas au centre de la terre mais au cœur secret des films, en cet endroit intime et palpitant où frictionnent la vision du réalisateur et l’objet fini, on en revit les émotions cinématographiques mais différemment. Les souvenirs resurgissent à la vision d’un élément de décor, d’une image, du détail d’un objet. On revisite ainsi non seulement les courts-métrages des débuts mais aussi et surtout toute la panoplie qui a suivi : "Delicatessen", "La Cité des Enfants Perdus", "Alien Résurrection", "Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain", "Un Long Dimanche de Fiançailles", "Micmacs à Tire-Larigot", et plus récemment "L’Extravagant Voyage du jeune et prodigieux TS Spivet". Et l'on retrouve avec plaisir les acteurs qui ont été partie prenante de leur univers, Audrey Tautou bien sûr (plus rare sur les écrans ces derniers temps), Daniel Emilfork, Dominique Pinon...

Un retour dans le temps, une immersion dépaysante au cœur d'une filmographie singulière et marquante, des retrouvailles nostalgiques qui viennent réveiller l'enfance en nous et son labyrinthe d'émotions puissantes.


Par Marie Plantin

Caro / Jeunet
Du 7 septembre 2017 au 31 juillet 2018
A la Halle Saint-Pierre
2 Rue Ronsard
75018 Paris
Réserver cet évènement