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mardi 17 mars 2020
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Tic-tac, tic-tac, tic-tac… Inexorablement le temps passe… Le temps fuit à l'image de l'eau que l'on croit pouvoir tenir prisonnière en joignant les mains et qui nous file entre les doigts. A peine le temps de penser à aujourd'hui que demain est déjà là. Cette prise de conscience anxiogène perturbe pour le moins Simon, unique personnage de ce spectacle écrit, mis en scène et interprété par Vincent Delerm. Le jeune homme, avec son air d'oisillon tombé du nid, s'interroge sur tout ce qui fait que les modes se démodent, que les amours passent et lassent, et plus généralement sur le sens de la vie… Simon convoque sur scène son passé et tente de faire revivre ce présent déjà lointain. Feuilleter les albums photo, évoquer ses souvenirs de lycée, se rappeler ses premières amours : autant de façons de prendre conscience de ce que l'on a été et de ce que l'on est devenu mais aussi de ce qu'on ne voudrait pas être. Comme dans ses chansons, Vincent Delerm délaye à l'envi nostalgie et petits riens du quotidien. A grand renfort de projections de photos, de films en super-huit, d'images d'archives (impeccable travail de François Demay), et sous les lumières de Nicolas Maisonneuve, il installe sur le plateau des Bouffes du Nord une atmosphère bien particulière. Delerm en appelle en fait à la mémoire commune et c'est pour cela que l'on est séduit. Il y a quelque chose d'éminemment touchant et de désarmant dans ce spectacle sur lequel Macha Makeïeff a placé un regard bienveillant. On sourit beaucoup puis, subrepticement, on tombe dans une émotion et notre cœur se pince. Certes, on pourrait reprocher un côté décousu à l'ensemble, mais c'est aussi paradoxalement de là que naît le charme. Accompagné d'un musicien multi-instrumentiste, Nicolas Mathuriau, l'artiste interprète sur scène une dizaine de chansons spécialement composées pour le projet et s'intégrant parfaitement au récit. Plutôt que de se résigner à regarder le temps passer, chacun ferait mieux de s'appliquer à lui voler des petits instants de bonheur. Aller applaudir ce spectacle en est assurément un.

Armelle Héliot, du Figaro

[...] Un spectacle original et sans prétention aucune, drôle toujours on rit beaucoup - avec quelque chose du déchirant « nevermore », temps passé et qui ne reviendra jamais. Et qui nous change, nous transforme, nous trahit. [...]