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Marie Plantin, du Pariscope

C’est la déception de la rentrée 2010. Et pourtant grandes étaient nos espérances et piquée notre curiosité. La pièce sulfureuse de Tennessee Williams « Un Tramway nommé désir », traduite par Wajdi Mouawad et mise en scène par le bad boy du théâtre polonais, Krzysztof Warlikowski, avec Isabelle Huppert dans le rôle de Blanche Dubois, le mélange était tout à la fois détonnant et la rencontre évidente. Et pourtant, l’alchimie ne se fait pas. La faute à qui ? à quoi ? Si la scénographie est superbe, elle ne fait pas vraiment sens avec l’atmosphère de Tennesse Williams et on a plus l’impression d’une esthétique plaquée plutôt que d’une réelle prise en compte de la pièce. Il en est de même du jeu d’Isabelle Huppert, qui caricature la folie avec force gestes illustratifs et redondants. Quant à la mise en scène, elle se fourvoie dans des citations indigestes qui alourdissent le propos de la pièce et se complaît dans la starification de sa vedette. Car tout tourne autour d’Isabelle Huppert, très souvent au centre même du plateau, face public, débitant son texte dans un jeu forcé et fermé sur lui-même. Les relations entre les personnages sont très peu explorées et si les robes glamour de Blanche se justifient, on se demande pourquoi Stella (Florence Thomassin) se promène en culotte et talons hauts. Le tout résonne d’une prétention mal placée et d’une ambition démesurée. En effet, tous ces textes ajoutés, au lieu de faire sens, nous accablent et nous perdent. Il n’y a pas de mystère, pas de vibrations dans ce théâtre-là. Au bout du compte, l’œuvre n’est pas traversée et nous non plus.

Arlette Frazier, du Pariscope

Sur le plateau, le décor est spectaculaire. Une immense galerie de verre, horizontale et mouvante, permet de varier les plans. A droite, à La Nouvelle-Orléans, l'appartement minable de Stella et de son mari, Stanley Kowalski. Au fond de la scène, un bowling avec ses pistes et ses quilles, où joue Stanley avec son pote Mitch avant de rentrer chez lui tabasser sa femme. C'est dans cet univers violent que débarque Blanche DuBois, aristo déchue, paumée et au bout du rouleau, qui se réfugie chez sa sœur pour fuir ses vieux démons. Dans cette promiscuité étouffante, les tensions s'exaspèrent. Sexe, amour, haine, brutalité vont faire basculer Blanche dans la folie. Une descente aux enfers qui l'envoie en hôpital psychiatrique. Dans ce voyage au bout de la folie, Isabelle Huppert, tour à tour poupée blondissime, impériale femme fatale ou personnage foldingue, va jusqu'au bout d'elle-même. Irradiée et chavirante face à la présence sensuelle de son partenaire Andrzej Chyra en prolo brutal. Excellentes prestations de l'étrange et inquiétant Yann Collette, dans le rôle de l'ami Mitch, et de Florence Thomassin, une Stella complètement dominée. Mise en scène baroque et ultra décalée de Krzysztof Warlikowski et nouveau texte français de Wajdi Mouawad qui reste fidèle à la pièce culte de Tennessee Williams. Les textes empruntés à d'autres auteurs, Claude Roy, Sophocle, Flaubert ou Coluche, entrecoupés d'intermèdes musicaux, pop, rock, disco, chantés par Renate Jett, alourdissent souvent ce spectacle chic et choc, long - trois heures - mais fascinant.

Annie Chenieux, du Journal du dimanche

[...] Isabelle Huppert se donne entière à son personnage, fait toucher du doigt le naufrage, l’humaine souffrance, la dépossession. Loin de tout naturalisme, à l’image du spectacle qui dénie le sordide et le pathos dont on recouvre Tennessee Williams, elle transcende son personnage, sans âge, proche et ailleurs, chavirante. [...]