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vendredi 14 février 2020
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mercredi 12 février 2020
Un Roi du silence à la langue bien pendue
 
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jeudi 06 février 2020
Faire corps avec le numérique à la Gaîté Lyrique
 
Denorme, du Pariscope

Méfiez-vous de Nina. Rien ni personne ne semble pouvoir lui résister. Et certainement pas Adolphe, son fonctionnaire de mari. Ayant découvert la liaison de sa femme avec un joli cœur, il finit par débarquer, un soir, armé, dans la garçonnière de ce dernier. Las, les choses ne se passent pas exactement comme prévu… Adolphe a bien du mal à appuyer sur la gâchette quand Gérard lui confesse un profond désespoir quant à la vacuité de son existence et une lassitude des « 5 à 7 » enchaînés depuis toujours. Foi d'Adolphe, on n'abat pas un homme qui n'est pas heureux. Que faire alors ? Les deux compères ne vont guère avoir le temps d'y réfléchir. Nina arrive à son tour et, comme à son habitude, la jeune femme compte bien prendre les choses en main. Mais, on vous le répète, il faut se méfier de Nina. « [Elle] ne se discute pas, ne s'analyse pas. Elle est un torrent qui passe et vous emporte. » Et c'est précisément tout ce qui fait son charme… On peut évidemment penser que la pièce d'André Roussin, qui date de 1949, a quelque peu vieilli. On peut regretter quelques longueurs et la trouver aujourd'hui assez bavarde. Paradoxalement, c'est aussi ce petit côté joliment suranné qui lui confère une certaine saveur. Il faudrait se montrer bien difficile pour ne pas se laisser bercer par l'élégance de la plume de l'auteur. A la mise en scène, Bernard Murat n'a pas cherché à inscrire la pièce dans une modernité artificielle. Les costumes néo- années 1950, de Carine Sarfati, les lumières délicieusement feutrées de Laurent Castaingt font agréablement voyager l'esprit. Mathilde Seigner est une belle évidence dans le rôle-titre. Elle campe avec conviction et panache cette éternelle amoureuse de l'amour. Nina et Mathilde partagent un caractère fort. Mais la comédienne ne s'est pas contentée de cette accointance. Elle a travaillé et le résultat est là : elle est impressionnante. On pense notamment à sa prestation lors du premier acte. A ses côtés, François Berléand, qui ne lésine pas sur les mimiques hilarantes, est irrésistible dans le rôle du mari. L'autre François, Vincentelli, l'est tout autant dans celui de l'amant. Prenons le pari que vous aussi, vous succomberez très vite au charme de cette volcanique « Nina »…

Simon, du Figaro

[...] cette comédie d'André Roussin n'est pas de la première heure. Elle date de 1949 et la mise en scène de Bernard Murat est aussi "d'époque". [...]