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mardi 17 septembre 2019
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lundi 16 septembre 2019
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Hélène Kuttner, du Pariscope

Voici une production qu’on attendait, dont on rêvait même pour Nathalie Dessay dans le rôle titre de Manon Lescaut, l’opéra qui a rendu célèbre le compositeur Jules Massenet, d’après le chef d’œuvre de l’Abbé Prévost. Mais pourquoi donc la réalisatrice et metteur en scène Coline Serreau, qu’on a connue très inspirée pour «Le Barbier de Séville» (2002), a t-elle cherché à décaler ainsi les personnages et l’atmosphère de l’histoire ? Manon, mélodrame romanesque à faire pleurer les âmes sensibles, dont le livret, signé Meilhac et Gille, est d’une simplicité bon enfant, se trouve ici alourdie par des anachronismes en forme de clins d’œil à l’actualité, à peine comiques et vides de sens. Dans l’hôtellerie d’Amiens du 18° siècle, au vieil escalier de pierre grise, on sert les repas….en envoyant des caddies de supermarchés ! Surgelés, boites et conditionnements divers valsent dans les mains des clients. Le cousin de Manon, Lescaut, sensé veiller sur la jeune fille qui débarque d’Arras, déboule sur une moto rutilante, habillé en punk, cheveux dressés en étoile sur la tête, et bardé de cuir et métal. C’est le baryton français Franck Ferrari, voix superbe, et qui se prête au jeu avec une belle générosité. D’ailleurs, Nathalie Dessay, relativement classique dans les trois premiers actes, adoptera aussi la « punk attitude », crinière rouge sang et robe déchirée, lors du retour des deux amants à l’hôtel de Transylvanie. Dans l’Eglise Saint Sulpice, où officie pour un temps Des Grieux (Giuseppe Filianoti), les dames circulent à patins à roulettes ! Même les belles indolentes sont laides dans leurs costumes noir et blanc. Reste des voix superbes, de beaux duos et le velouté acrobatique de Nathalie Dessay, remarquable comédienne, que l’on suit enchaînée en route vers la mort.

Nicole Duault, du JDD

Une excellente réalisatrice de cinéma n’est pas forcément une inventive et fidèle metteure en scène d’opéra. Coline Serreau [...] a été accueillie hier soir, à l’issue de sa réalisation de Manon, par une bronca mémorable. Son mélange des genres, des styles, des époques et des valeurs n’a guère plu aux 2900 spectateurs de la Bastille. [...]