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samedi 18 janvier 2020
La Cité de la Musique donne la part belle aux portraits glam et pop de Pierre et Gilles
 
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vendredi 17 janvier 2020
Les mondes intérieurs de François de Brauer
 
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mercredi 15 janvier 2020
Le Théâtre Déplié fait de l’Atelier du Plateau le décor d’un puzzle théâtral d’un genre inédit
 
Dimitri Denorme, du Pariscope

« Rapport pour une Académie », la nouvelle de Franz Kafka, explore l'identité et ses changements. Elle porte un regard cru et faussement naïf sur l'homme et la société qui l'entoure, en présentant un singe comme personnage principal… Capturé et domestiqué, le mammifère a acquis toutes les compétences de l'homme, jusqu'à la parole. Ses vices aussi. Il est aujourd'hui invité par les augustes membres d'une académie à raconter sa vie. Avec causticité, il s'exécute et nous offre le récit des cinq années passées à devenir humain. La conclusion est implacable : être homme n'est pas gage d'épanouissement, de suprématie, et la vraie liberté se trouve hors des sentiers du modèle de réussite sociale. Alejandro Jodorowsky a adapté le texte de Kafka. Çà et là, il l'a aussi actualisé. Il est ici question de télévision, de téléphone portable… La critique n'en est que plus acerbe. Ça tape rude sur les pathologies sociales anciennes et actuelles. Incarner un singe fait homme est un challenge. Il faut éviter la facilité des extrêmes si l'on entend rester crédible. Avec un talent immense, Brontis Jodorowsky compose cet être hybride, à la fois sauvage et éduqué. Habilement grimé par Sylvie Vanhelle, maîtrisant parfaitement la gestuelle simiesque, il est époustouflant et fascine. A le voir s'agiter sur son fauteuil, gesticulant, tentant de gommer les reliquats de sa condition animale, il y a d'abord un effet comique. Mais ce dernier est très vite rattrapé par le pathétique de la situation. Ce sont nos semblables qu'il nous est ici donné à voir. Avec cet effet miroir, le spectateur est alors poussé à la réflexion : quelle est l'utilité d'être humain ? La mise en scène de Jodorowsky père est fine et précise. Il faut aussi noter l'élégance et l'acuité des lumières d'Arnaud Jung. Alors bien évidemment, on retiendra la performance de Brontis Jodorowsky qui s'offre en véritable bête de scène. Ce « Gorille » qu'il campe avec une telle ferveur, nous éloigne définitivement de toute singerie théâtrale. Le spectacle est vraiment excellent.

Myriem Hajoui, du A nous Paris

[...] Convulsif, douloureux et drôle, ce monologue théâtral avance par fragments jusqu'à tendre vers la tragédie qu'il atteint dans un final poignant [...] Aspiré par les remous d'une histoire captivante, le spectateur vit une expérience de théâtre assez unique. [...]

Annie Chenieux, du Journal du dimanche

[...] La magnifique interprétation, la gestuelle, le mimétisme, l’empathie de Brontis Jodorowsky donnent une actualité vigoureuse au texte de Kafka. [...]