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vendredi 20 mars 2020
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mercredi 18 mars 2020
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mardi 17 mars 2020
Turner illumine le Musée Jacquemart André de ses peintures et aquarelles en provenance de la Tate
 
Dimitri Denorme, du Pariscope

Francis Huster ne se lasse décidément pas de l'exercice difficile du seul-en-scène. Les représentations de « La Peste » à peine achevées, on le retrouve déjà sur les planches pour présenter « Bronx », pièce autobiographique de Chazz Palminteri, qui avait d'ailleurs inspiré à De Niro sa première réalisation sur les écrans. Huster nous embarque donc dans le New York des années 60 avec une histoire qui a rendu ces quartiers italiens légendaires. Communautarisme, mafia, haine et violence : voilà ce qui prime dans le Bronx de l'époque. Ce monde fascine le petit Cologio, 9 ans, qui assiste quotidiennement aux agissements du parrain local Sunny. Un jour, l'histoire s'emballe et le gamin se retrouve témoin d'un meurtre perpétré par le caïd. Cologio garde le silence et sauve la mise du mafieux qui le prend dès lors sous son aile. Le jeune Italo-Américain est alors confronté à une double figure paternelle, qui fait tout l'intérêt du spectacle. D'un côté, il y a le père, honnête chauffeur de bus, qui tente d'inculquer les valeurs de travail et de respect à son rejeton. De l'autre, il y a ce vrai mentor, qui a tout ce qu'il veut en claquant des doigts. Cologio va devoir grandir et tenter de naviguer entre la voie terne de son « vieux » et celle de l'argent facile. Il se heurtera aussi à la montée du racisme et à l'affrontement entre bandes de quartiers. Mis en scène par Steve Suissa, Francis Huster campe avec une belle générosité les dix-huit personnages de ce récit. Mafieux au grand cœur, père inquiet, truand à la petite semaine ou jeune homme amoureux, tous ont une humanité que le comédien saisit avec talent. Dans le très joli décor de Stéfanie Jarre, on se laisse embarquer sans mal par cette histoire remplie de nostalgie et de naïveté qui distribue leçons de vie et d'amour en cascade.