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Mudith Monroevitz fait chavirer la Nouvelle Seine
 
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mardi 18 septembre 2018
Culture au Quai revient le week-end prochain
 
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lundi 17 septembre 2018
Les cultures urbaines invitées à La Défense pour l’Urban Week
 
Duault, du Journal du dimanche

Devant une salle archipleine, l’étoile Marie-Agnès Gillot, expressionniste, rigoureuse et baroque Eurydice, fascine par sa voluptueuse maîtrise corporelle. [...] Pina Bausch, disparue en 2009, a donné à l’Opéra de Paris - aussi avec son Le Sacre du Printemps - l’une de ses plus intenses chorégraphies. [...]

Boisseau, de Télérama

(...) Dans des décors sobrement lumineux signés par Rolf Borzik, l'élan mortel des deux amants prend corps.

Kuttner,

Comment réunir au plus haut point le texte d’un poète, la musique, le chant et le théâtre ? Comment donner corps à la déchirante passion du mythe d’Orphée, seul mortel a égaler les Dieux par sa musique et son chant, qui a tenté d’arracher la belle Eurydice, par amour, du royaume des morts ? Trop ardent, celui-ci se retourna au dernier moment et fut foudroyé. Par cette œuvre, Gluck souhaitait au 18° siècle imposer une symbiose entre les mots et la musique, utilisant le cri et le silence et donnant une part essentielle à la présence du chœur chanté dans l’orchestre, au même titre que les solistes. En 1975, Pina Bausch s’empare du mythe en croisant sur la scène le chant et la danse, dans une fusion inédite : chaque personnage est dédoublé par un danseur et un chanteur. Dans cette reprise aujourd’hui, Alice Renavand, Eurydice, et Florian Magnenet, Orphée, sont accompagnés par la soprano Yun Jung Choi et la mezzo Agata Schmidt, qui dialoguent à quatre corps dans un espace scénographique épuré et dont les lignes de fuite, les cordages, les chaises hautes font écho aux longues robes fluides noires, blanches ou écarlates qui enveloppent le corps des danseuses. Des quatre tableaux qui se succèdent en racontant l’histoire de ces amants malheureux, le dernier, « Mort », est certainement le plus éblouissant, mais les trois premiers, « Deuil », « Violence » et « Paix » n’en sont pas moins puissants. Les bras des danseuses, projetés en diagonale comme des flèches ou des ailes d’oiseaux effarouchés, les mouvements d’ensemble brisant la géométrie classique avec une violence frémissante de fragilité, les pas de deux haletants, exprimant avec une sobriété radicale et néanmoins sensuelle la substance de la douleur et du désir, tout Pina est là, déployant une intensité dramatique maximum pour dire la déchirure malheureuse. Dans ces décors et lumières de Rolf Borzic, danseurs et chanteurs sont les créatures aériennes et aquatiques des Champs Elysées ou des enfers, tandis que l’excellent ensemble orchestral et le chœur Balthasar-Neumann dirigés par Manlio Benzi interprètent somptueusement la partition. C’est un pur moment de grâce que cet opéra dansé, une suspension poétique ou images, corps et musique sont en conversation permanente, radieuse, bouleversante car elle nous parle d’amour.