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Thomas Bernhard
Biographie
Nationalité
Autrichienne
Date de Naissance
9 Février 1931

Thomas Bernhard, écrivain et dramaturge autrichien, est né le 9 février 1931 aux Pays-Bas. Il rejoint rapidement l’Autriche où résident ses grands-parents maternels et sa mère, qui se remarie une année plus tard, le rejoint alors à Vienne.

Durant son enfance,****Thomas Bernhard est très proche de son grand-père, Johannes Freumbichler, lui-même écrivain, qui sera notamment récompensé du prix d’état pour la littérature en 1937 pour son livre Philomena Ellenhub.

En 1939, en plein nazisme, Thomas Bernhard âgé d’à peine 8 ans, intègre le Jungvolk, puis, deux années plus tard le centre d’éducation national-socialiste pour enfants en Thuringe. En 1943, il est inscrit dans un internat nazi à Salzbourg au sein duquel il demeurera jusqu’à la fin de la guerre. Sa famille s’installera dans cette ville en 1946.

En 1949, Thomas Bernhard, atteint de tuberculose, est hospitalisé durant deux années. Sa maladie et les souffrances qu’elle lui causera marqueront sa jeunesse. Lors de ses soins au sanatorium, il rencontre sa future compagne, Hedwig Stavianicek. A la même période, il apprend les décès de son grand-père d’abord et celui de sa mère peu après.

En 1952, Thomas Bernhard**est introduit par un ami de son grand-père en tant que chroniqueur judiciaire au sein du journal Demokratischen Volksblatt. Il y critique de manière virulente la ville de Salzbourg et notamment l’espace important occupé par la religion et les valeurs national-socialistes qui s’y perpétuent. Il étudie également au Conservatoire de musique et d’art dramatique de Vienne ainsi qu’au Mozarteum de Salzbourg, puis il commence l’écriture.

Thomas Bernhard publie un premier roman en 1962, Frost, en français Gel, qui sera connu à l’étranger et qui recevra de nombreux prix. En 1968, alors récompensé d’un prix d’Etat autrichien pour la littérature, il prononce un discours contre l’Etat, la culture autrichienne et les autrichiens, qui fera scandale. Il dira notamment « Nous autrichiens sommes apathiques ; nous sommes la vie en tant que désintérêt général pour la vie ».

Par la suite, Thomas Bernhard se consacre d’avantage au théâtre et publie en 1970, Ein Fest fur Boris (Une fête pour Boris) qui sera un grand succès au Théâtre allemand de Hambourg et sera récompensé du prix Georg Buchner, une des plus importantes récompenses littéraires d’Allemagne occidentale. Il publie ensuite entre 1975 et 1982 un cycle de cinq œuvres autobiographiques L'Origine, La Cave, Le Souffle, Le Froid et Un enfant.

Une nouvelle pièce, Der President (Le Président) jouée en 1975 à Vienne puis à Stuttgart, où a lieu au même moment le premier procès de la Fraction Armée Rouge, fera à nouveau scandale.

Vor dem Ruhestand (Avant la retraite), qui paraît en 1977, met en scène un juge allemand qui célèbre en cachette l’anniversaire d’Himmler**. Thomas Bernhard revient cette fois sur le cas du ministre-président du Bade-Wurtemberg au passé trouble, juge de la marine à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à l’origine de nombreuses condamnations à mort.

Mais Thomas Bernhard frappe encore plus fort avec sa dernière pièce, Heldenplatz (La place des héros), place Viennoise où Hitler avait été acclamé par les Autrichiens. Cette pièce met en scène des juifs qui cinquante années plus tard, alors qu’on célèbre le cinquantième anniversaire de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, souffrent toujours d’une Autriche dont les habitants n’ont, d’après l’auteur, pas changé. Une fois encore, l’auteur dénonce l’hypocrisie autrichienne, le fanatisme et l’ultra-conformisme de sa nation. Il y écrit notamment « Il y a aujourd’hui plus de nazis à Vienne qu’en 1938 ».

Thomas Bernhard, miné par la maladie, décède le 12 février 1989.

Dans son testament, il interdit la diffusion et la représentation de ses œuvres en Autriche pendant cinquante années.