Actualités
vendredi 16 août 2019
Les brunchs au fil de l’eau de l’Été du Canal
 
Actualités
mercredi 14 août 2019
L’été s’installe au jardin du Musée du Quai Branly
 
Actualités
vendredi 09 août 2019
Les fantasmagories marionnettiques de Demian Majcen se glissent dans les salons du Musée Jean-Jacques Henner
 
Peter ZADEK
Biographie
Nationalité
Allemande

Né à Berlin, Peter Zadek passe une partie de sa jeunesse en Angleterre, de 1933 à 1958, où ses parents ont émigré pour fuir le nazisme. Peter y suit les cours de l'Old Vic Theatre.

Cette expérience londonienne, lors de laquelle il effectue ses premières mises en scène Les Bonnes en 1952 et Le Balcon en 1957 de Jean Genet le marque durablement. A son retour en Allemagne, Peter Zadek occupe divers postes importants : de 1972 à 1978, il est intendant du théâtre de Bochum et de 1985 à 1988, directeur du Schauspielhaus de Hambourg. Il gardera de son séjour à Londres une prédilection pour le théâtre anglais, que ce soit pour les pièces de boulevard, Shakespeare ou plus généralement le théâtre élisabéthain.

Dans ses mises en scène, Peter Zadek cherche à s'écarter au maximum des stéréotypes liés aux classiques à l’instar d’Hamlet et Othello en 1977 ou le Misanthrope en 1979, pour libérer le texte des images attendues. Ainsi, il apparaît comme un provocateur qui prétend actualiser à tout prix les pièces classiques : il monte d’ailleurs le Marchand de Venise en 1988 dans un décor de banque. Et loin de tout didactisme, il s'attache à laisser aux comédiens une grande liberté de création.

Sa mise en scène de Lulu de Frank Wedekind, en 1988, est un bel exemple de ses conceptions théâtrales. En choisissant une adolescente là où on attendrait une femme fatale, il joue sur la surprise produite par ce décalage. Ses conceptions novatrices sont le gage de sa vitalité artistique.

Poursuivant dans cette optique, il met en scène en 1991 Mesure pour mesure avec Isabelle Huppert à l’Odéon. De 1992 à 1995, il participe à la direction collégiale du Berliner Ensemble avec Heiner Müller, Matthias Langhoff, **** Peter Palitzsch et Fritz Marquardt. Il reçoit le prix de la critique du Meilleur Spectacle Etranger en France pour sa Cerisaie de Tchekhov, créée en 1996.

Ses principales réalisations reposent sur une actualisation radicale des classiques, mêlant le tragique et le comique. D’ailleurs, il ne cesse d'explorer l'univers de Shakespeare, à qui il consacre plus de vingt mises en scène. En 1999 à Strasbourg, il offre une vision nouvelle d’Hamlet. Ce spectacle est repris notamment à Bobigny en décembre 2000 avec une femme dans le rôle d’Hamlet, Angela Winkler, déjà présente dans la Cerisaie. En décembre 2000, il fait à nouveau appel à l’actrice allemande pour Rosmersholm d’Ibsen**, créé au Burgtheater de Vienne.

En 2005, Hélène Harder traduit de l’allemand un livre intitulé : Mise en scène, mise à feu, mise à nu tournant autour de Peter Zadek. Dans cet ouvrage, Zadek livre les secrets de son art à des étudiants du conservatoire de Berlin. Répondant à leurs questions surprenantes, profanes et parfois naïves, il nous offre une magistrale et vivante leçon de théâtre, évoquant avec humour et professionnalisme toutes les difficultés, pièges, tentations et joies du métier.

Du travail de préparation à la répétition générale, il passe en revue toutes les étapes nécessaires, ne dissociant jamais la technique des aspects humains : comment imaginer l’univers d’une pièce ? Comment créer un décor ? Comment diriger une troupe ? Gérer la crise de nerfs de l’un, la paresse de l’autre, la timidité d’un troisième. Puisant dans une expérience riche de plus de cinquante ans de mise en scène, Zadek dévoile aussi sa méthode de travail et nous montre quel fut son chemin vers le théâtre, avec une rare liberté de ton et d’esprit.

Au fil des anecdotes, il nous fait ainsi partager bien plus que des astuces de metteur en scène : d’origine juive allemande, formé en Angleterre, Zadek rentre en 1958 en Allemagne, où il a écrit, depuis les années soixante jusqu’à nos jours, des pages entières de l’histoire du théâtre. Dans son bagage, trois choses : sa passion pour Shakespeare, son amour du théâtre et son désir de provoquer.