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Michelangelo Antonioni
Biographie
Nationalité
Italien
Date de Naissance
29 Septembre 1912
Après des études à Ferrare, puis Bologne (sciences économiques), il se
consacre au journalisme. Parti pour Rome en 1939, il collabore à la
revue Cinema. Il est envoyé en tant qu'assistant stagiaire auprès de
Carné, qui réalise les Visiteurs du soir. Il entreprend en 1943 son
premier essai, Gente del Po (CM documentaire) ; mais c'est comme
scénariste qu'il participe à Chasse tragique (G. De Santis, 1948) et au
Cheikh blanc (F. Fellini, 1952). Après une dizaine de courts métrages,
il tourne Chronique d'un amour en 1950, début d'une filmographie
relativement peu abondante, héritière pour une part du néoréalisme dans
ses constats d'échecs sociaux (les Vaincus interdit en France jusqu'en
1963... ou le Cri) et de l'interrogation pavésienne sur la solitude et
l'incommunicabilité (Femmes entre elles, L'avventura). C'est ce dernier
titre qui vaut à Antonioni la notoriété en 1960, comme il marque une
rupture par rapport aux motivations psychologiques traditionnelles et à
l'argumentation dramaturgique des films précédents. Par le jeu de la
disparition d'une femme sur une île, et qui demeure inexpliquée
dissolution, éclatement de la réalité qu'on retrouvera dans Blow Up,
Zabriskie Point, voire la fuite de l'objectif à la fin de Profession :
reporter , Antonioni accuse l'indicible qui sépare les êtres et se
détache d'un temps logique du récit. Ainsi, le Cri (avec Alida Valli,
Betsy Blair et Steve Cochran), qui peut paraître directement issu de
Gente del Po par la voie du compromis néoréaliste, est-il à la fois
aboutissement et transition. Si on excepte la scène finale, la caméra y
approche la liberté d'écrire sans avoir à se justifier à mesure, sans
définir arbitrairement cette part de l'être qui demeure secrète,
fragile, immergée dans son espace et sa solitude. C'est cet espace que
s'efforcent de cadrer l'Éclipse, la Nuit, le Désert rouge : tout y est
en relation, et tout y est obstacle, clôture, solitude...La fortune de
ces films est due pour une part à ce qu'ils correspondent alors à un
phénomène de sensibilité : l'incommunicabilité, la déshumanisation de la
vie, l'agression du monde (si visuelle dans le Désert rouge), que
regardent, impuissants, Monica Vitti ou Marcello Mastroianni, et,
jusqu'au sentiment poignant de l'effacement du réel, David Hemmings dans
Blow Up. Le néoréalisme, assez paradoxalement, a fait le lit du nouveau
mal de vivre hérité, après l'effondrement des valeurs occidentales, de
Sartre, ou de Pavese, dont Antonioni adapte le roman Femmes entre elles.
Alors que, en 1967, comme à l'avant-garde d'une génération nouvelle,
Marco Bellocchio s'en prend, dans les Poings dans les poches, à ce qui
survit des valeurs condamnées, Antonioni s'oriente avec, il est vrai,
une incomparable élégance vers l'exploration intimiste d'une faillite de
civilisation que le Désert rouge amorce, puis que Zabriskie Point,
tourné aux États-Unis pour la MGM, veut traduire par une gestuelle
proche des attitudes et des représentations naïves d'une jeunesse en
attente de révolte. On voit ainsi l'esthète désenchanté, sauf,
peut-être, de son propre poème visuel, glisser de la mystérieuse
Avventura à l'explosion répétitive qui conclut Zabriskie Point, puis à
l'angoisse policière de Blow Up. Ce sont les progrès successifs d'un
effacement : souvenons-nous que Blow Up s'achève, s'évanouit sur la
répétition d'un simulacre : échange de balles imaginaires à quoi
répondra le plan-séquence techniquement admirable de
champs/contre-champs dans le hall de l'hôtel de Venise (Identification
d'une femme) : mais il semble alors que, dans le no man's land
esthétisant où nous sommes parvenus, ni le portrait ni son modèle ne
nous proposent plus d'identification ; la réalité humaine des
protagonistes s'est elle-même dissipée... Antonioni célèbre, d'une
certaine manière, l'impossible innocence, que l'Occident a perdue. Mais
il y a beaucoup de naïveté dans l'approche de la Chine (dans le film
qu'il réalise pour la RAI), et trop d'artifices dans Profession :
reporter. Le « nouveau sentiment de la réalité » (pour citer Alberto
Moravia) qui sous-tend son uvre depuis le Cri et L'avventura, explore
d'abord un espace-temps où l'individu dans sa solitude tient la place
prééminente. C'est ce qui fait que la trilogie (L'avventura, la Nuit,
l'Éclipse), dans laquelle passent aussi les visages de Jeanne Moreau et
d'Alain Delon, possède un pouvoir d'émotion sous le gla¿cage nocturne de
l'image, une fascination (d'aucuns parlent plutôt de mystification) qui
s'exer¿ca en dépit des huées re¿cues, en 1960, au festival de Cannes,
jusqu'à une date récente. Un désarroi se décèle pourtant chez le
cinéaste, comme si, à la dissolution du réel, il ne parvenait plus à
opposer une invention créatrice (Identification d'une femme). Les
formes, les êtres se seraient-ils vidés de tout pouvoir, échappant à la
saisie poétique, par effacement, comme la caméra, à la fin de Profession
reporter, échappe inexplicablement, par un travelling dans l'espace, à la chambre abandonnée ? À l'évidence, Antonioni est un cinéaste de la solitude. Son univers nocturne, déserté, et qu'habite le silence, où les paroles inutiles, convenues et dérisoires ne retiennent aucune dérive de s'accomplir, a su refléter un monde qui, pour une part, est aussi le nôtre. Et rien n'est jamais vulgaire, ni démagogique, ni dramatiquement exagéré dans son uvre. C'est un cinéma de la « sous-conversation », ainsi que l'on a défini les romans de Nathalie Sarraute. Intellectuel et lyrique à la fois, Antonioni occupe, face à cette réelle impasse, une place bien particulière. L'importance qu'il accorde à l'esthétique est différente, dans sa nature même, du raffinement de Visconti, du baroque ironique de Fellini ; son sens de la réalité a pris, très tôt, ses distances par rapport à De Sica, à Lattuada. Après plusieurs années d'inactivité pour raisons de santé, il revient au cinéma avec l'appui de Wim Wenders (Par-delà les nuages, 1995).
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